Halia Hark : Histoires du passé

Halia Hark : Histoires du passé

Messagepar Akai » 13 Août 2012, 16:33

Je ne savais pas où coller ça.
Ce sont donc les différents textes que j'avais écrits pour mes deux personnages principaux de GW1; personnages qui sont les ancêtres de ma future - et merveilleuse Halia Hark (et surement d'un paquet d'autres)

Allez hop, c'est parti
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Re: Halia Hark : Histoires du passé

Messagepar Akai » 13 Août 2012, 16:34

Akai Yuki Hime, derniers écrits

Tyrie. J’y ai commencé mon existence, et j’y termine ma vie. Aucun regret à avoir, j’ai bien vécu. Bien sur je n’ai pas eu une de ses vies tranquilles, mais mon nom est entré dans l’Histoire. Ce n’est déjà pas si mal, pour une orpheline dont la vie a commencé au milieu d’une étendue glacée battue par les vents du nord. Aucun regret, si ce n’est celui de mourir seule, de ne pas avoir vécu le conte de fée que ma vie chevaleresque aurait pourtant du connaître, si je m’en réfère aux livres pour enfants. Non, les héros n’obtiennent réellement jamais la considération des autres. Seulement de la méfiance, de la jalousie aussi, de l’indifférence le plus souvent. Trop de puissance en moi, trop d’ennemis derrière moi, et aucun véritable avenir devant moi maintenant que les menaces divines et souterraines ont été vaincues. Mon nom fut gravé dans la pierre de la commémoration, puis écrit dans des manuscrits rapidement refermés et rangés dans les étagères poussiéreuses d’une trop grande bibliothèque. On me salua, on me parla mais on ne m’écouta que rarement. Telle une bête de foire je devenais l’amie à avoir, celle qui flatte son propre égocentrisme. Une ‘uvre d’art, d’un temps déjà révolu, que les puissants, ceux qui n’ont rien fait sauf marcher avec succès sur les cendres de ceux qui ont subis, aiment à exhiber. Certains cependant ne m’ont pas oublié. Mes compagnons d’aventure, bien sur, même si le destin nous a tous amené à se séparer en une ultime et vaine et promesse de se revoir, un jour ; mais surtout les survivants des sectes et groupes que j’avais combattu. Ceux là n’ont pas oublié mon nom, ni mon visage. Ils m’ont chassé un temps par vengeance. Mon exil vient de là. J’étais las, fatiguée de devoir continuellement veiller à ma propre survie. Je suis repartie là d’où je venais. Il y fait froid, certes, mais le repos que j’y ai trouvé a réchauffé mon coeur. Je vivais pour moi. Et aujourd’hui je vais mourir, et sûrement me figer à jamais en une statue de glace, triste épouvantail relique d’une époque dont on parle au passé. Un passé qui n’est pourtant pas si lointain que cela. Mais la civilisation n’aime pas à se rappeler ses mauvaises périodes, surtout quand cela est en partie due aux faits de certains hommes. Mais vous connaissez l’Histoire aussi bien que moi. Si ce n’est mieux, puisque votre position extérieure ne rend pas votre jugement aussi arbitraire que le mien.

Je suis née il y a de cela 41 années. Mes souvenirs de petite enfance sont flous. Et rétrospectivement, je préfère qu’ils le restent. Quelques images hantent pourtant encore mes rêves : une femme traînée sur le sol tandis que je pendais à son entrejambe encore attachée par le cordon nourricier, puis une liquide chaud et gluant sur mon visage et ma bouche, et enfin les yeux jaunes d’une louve. Je mentirai en disant que je n’ai pas recherché à savoir d’où je venais réellement. J’y ai même passé deux ans de ma vie. Et la vérité est dramatiquement simple. Enfant adultère, j’ai été abandonnée par ma « famille » le jour de ma naissance, laissée seule, pour mourir, dans une toundra glacée du Sud D’Ascalon, du temps de sa splendeur. La sélection naturelle a fait le reste, et n’a pas voulu que je meure. Les astres et les dieux avaient ils déjà mon destin entre les mains ? Penser que tout est écrit me met mal à l’aise. Mais c’est la seule conclusion possible au fait qu’une louve m’est solidement pris le bras gauche dans sa gueule (j’en garde encore des marques) pour me déposer des kilomètres plus loin devant le gîte de celui qui deviendra une sorte de père adoptif.

De géniteurs inconnus je passais alors à une famille monoparentale dans laquelle, malgré toute la bonté et gentillesse dont il savait faire preuve, celui qui je nommai affectueusement Oto-san n’était guère présent, vadrouillant par monts et vaux à ses études de plantes. Mes journées étaient alors remplies, entre tache domestiques et études des manuscrits biologiques qui traînaient au fond des malles. Et vers mes 10 ans, Oto-san fut nommé membre de la Guilde des Explorateurs ; une fonction qu’il visait depuis son enfance et qui récompensait des années de travail de terrain. Nous partîmes donc vers la Cité d’Ascalon, laissant dernière nous les quelques brides d’un passé commun ordinaire dont le calme induit par la routine reste parmi mes meilleurs souvenirs, quand j’étais consciente d’être heureuse.
Ascalon la Grande. Je n’ai pour habitude d’être émotive, mais le spectacle de cette majestueuse forteresse aux pierres claires, perdue dans un océan de verdure m’a bouleversée. Alors que la vie s’y faisant trépidante, presque à l’image d’une fourmilière, on y ressentait avant tout calme et volupté, pour reprendre les mots d’un ami poète que je rencontrerai des années plus tard, et qui se perdit dans les affres de l’opium de Cantha. Comme dans les contes et légendes des chevaliers immaculés paradaient sur leurs blancs destriers, des dames bien vêtues se hâtaient dans la cour intérieure et des magiciens grandiloquents faisaient mille et un tours de passe-passe pour divertir les marmots aux cheveux en bataille. Le contraste avec mon ancienne cabane était saisissant, et j’avoue honteusement m’être un temps laissé porté par cette ambiance grisante. Jusqu'à ce que Oto-san soit envoyé à des centaines de kilomètres, par delà les montagnes enneigées de l’Ouest. Dans un au revoir aux allures d’adieux, il me confia alors aux bons soins des précepteurs d’Ascalon. J’intégrai alors ce qui était considéré comme la meilleure école. Mais mélangée aux fils de chevaliers, fille de courtisanes et bien d’autres noblillons ou rejetons de bourgeois, je fus vite mise au ban. Fille de pas grand-chose, campagnarde un peu rustre, j’étais l’intrue de l’école, celle qui devait sa place à la magnanimité du Roi, en échange des services d’Oto-san. Ce fut presque qu’on ne me prenne pour la servante souillon, tout juste bonne à laver la plancher et porter les sacs. Ce fut presque que je ne le crois moi-même. Des manières je n’en avais aucune. Niveau connaissances j’avais quelques années de retard sur les autres élevés du même age. Et surtout mon physique effrayait, même certains professeurs. Est-ce mes premières heures passées dans l’immensité glaciale, une tare pour être née bâtarde, ou juste un coup du hasard, qui m’ont donné ce teint bleu glacial, de la peau à la racine des cheveux en passant par les yeux ‘ Le surnom de bonhomme de neige me faut vite attribué, jusqu'à ce que le précepteur principal, peut être pris de pitié à mon égard, raconte la vieille légende la femme des neiges, et fasse publiquement remarquer que le dessin que l’auteur faisait de cet être me ressemblait étrangement. Yuki Hime, la princesse de la neige, devint mon surnom, puis par la force des choses mon nom. Il n’y avait malheureusement que peu de respect dans le ton de ceux qui m’appelaient ainsi, mais de la moquerie, et peut être un peu de peur, puisque la légende ne le dit elle pas, je mange les voyageurs égarés dans le blizzard ! Toujours est il que les années passèrent, sans nouvelle d’Oto-san, mais avec quelques satisfactions dont celle de me savoir douée pour les arts élémentaires.

J’avais 13 ans. Je vivais alors à l’Académie des arts élémentaires, montrant une certaine disposition innée pour la maîtrise de l’eau et de l’air. C’est à cette époque que j’ai définitivement perdue toute idée de notion de hasard. Née dans le froid glacial, abandonnée dans la neige, portant des caractéristiques physiques dites glaciales et maintenant douée pour la maîtrise de éléments eau et air’. La nature, ou les dieux, avait décidé pour moi, me façonnant à leur idée pour un quelque chose sûrement important. Ce quelque chose je le connais maintenant. Jouer les héros, survivre aux Ennemis et faire le travail qui doit être fait, coûte que coûte. Et le premier adversaire frappa. On était alors habitué à l’opposition constante contre les Charrs, une guerre dont les raisons se perdaient dans la mémoire défaillante des anciens. Les Charrs attaquaient, les Chevaliers repoussaient, et on comptait les pertes. Le Mur nous protégeait. Mais ce jour là, par un soleil de plomb, les Charrs attaquèrent plus fort, plus rapidement, plus rageusement que d’habitude. Le Mur tint bon. Mais quelque chose changea en Ascalon, comme si un vent de panique s’emparait du peuple. Avec le recul, je pense sincèrement que ce fut du réalisme dont firent preuve les Ascaloniens. Du réalisme face à un danger réel. Peu ou prou après ces événements je décidai de prendre du recul et tester la vie au grand air. Avec la bénédiction de mon instructrice, je parti donc à la rencontre d’Ascalon, en grande partie pour tester mes compétences. Survivant plus que vivant grâce à l’eau pure de la rivière et à quelques baies sauvages, j’apprenais alors les rudiments de ce qui me permit ensuite au plus fort des événements dramatiques de Tyrie, Cantha et Elona de survivre. Mon caractère se forgeait, mes réflexes s’affinaient, mes sorts prenaient de la puissance, et je devenais aussi malheureusement plus solitaire que jamais.
Le temps passa, rapidement, et je fis des rencontres qui allaient me mener au centre d’un pétrin que je n’avais pas désiré. Vous connaissez la suite’. La Fournaise, ce déchaînement d’éléments destructeurs lâchés par les Charrs. La fin d’Ascalon la verte. Le début d’une ère de déchéance, de fuite, de morts, de gloire déchue. Le début aussi du réveil des Ascaloniens, de leur prise de responsabilité au regard des actions de Rurik, le Prince d’un royaume en miette mais qui laissait tout son courage et sa volonté au service d’un hypothétique meilleur avenir. Lutter contre les Charrs, d’abord, puis contre des nouvelles forces venues des montagnes, de la foret, puis du désert. Découvrir la puissance qui se cache derrière cet apocalypse. Tuer cette main maudite, occire ses suivants, détruire ses minions, balayer la cendre et le sang pour espérer découvrir une once de futur. Nous ne demandions pas alors un nouvel age d’or. Nous pleurions de désespoir, priant pour une fin de guerre et un moment de répit afin de panser nos blessures et enterrer nos nombreux morts. Dans cette quête d’un futur pour ses sujets, Rurik entraîna une bande de « mercenaires » aventuriers. Et il laissa sa vie, agonisant et pleurant pour son peuple qu’il ne sauvera pas. Les aventuriers continuèrent sans lui. Que faire d’autre à cet instant tragique ‘ Nous ne pouvions rebrousser chemin. Alors autant aller au bout de son aventure personnelle. Le reste est entré dans la Légende. Le reste mais pas l’essentiel. Car pour avancer, encore et toujours, malgré les morts, les revers de fortune, et les hordes de monstres tous plus dangereux que les précédents, il faut de la motivation. Je ne parlerai pas pour mes compagnons, chacun ayant je pense une raison particulière de se sacrifier ainsi. Pour ma part j’ai longuement réfléchi à mes actes. Nombreux sont les moments où j’aurai pu stopper, faire demi tour, lâcher prise et mourir, quelque en soit la manière. Mourir pour ne plus penser, ne plus souffrir. Mourir pour retrouver la paix. Mais je n’avais pas survécu pour m’arrêter aussi stupidement, à cause de la peur ou du stress. Je n’ai aucune raison affective, à part un pacte d’amitié avec mes compagnons, pour avancer dans les pièges de multiples intrigues, juste le plaisir de me deconnecter un court instant le temps d’un combat. C’était mon moyen de m’évader, moins lâche que la mort. Ce moment où le monde devient blanc, où seul l’instinct primaire contrôle les pulsions, où le calme règne en moi. C’était, je crois, mon moteur principal. Une addiction au danger pour se sentir vivre à l’extrême limite de la mort. La sagesse particulière qui est maintenant mienne est consternée par ce moteur. Mais c’est ce qui m’a conduit dans un premier temps à libérer la Tyrie d’une sourde menace puis de jouer un rôle dans le retour d’un passé destructeur sur Cantha.
Elona fut un peu différent. A vrai dire je me suis attachée à ce continent chaud, pourtant à l’opposé de ma nature. J’ai aimé ces paysages, et surtout ces habitants. Et pour la première fois j’ai eu l’impression d’être en avance ou tout du moins à égalité avec les événements, ne pas les subir, ne pas leur courir après dans une cavalcade contre la montre, où celui qui abandonne est laissé crevant sur le bord de la piste. J’ai aimé Elona, mais je n’y suis jamais retournée après la défaite d’Abaddon. Même après la guerre contre les destructeurs, quand une semblant de paix fut enfin établi sur Tyrie. Peut être par peur de ne pas en repartir.

Je me suis retirée du monde. J’ai dit adieu à la civilisation et ma Guilde. Je sais que Shaylan VifArgent la dirige toujours. Peut être a-t-il formé d’aussi glorieux membres que ceux avec qui je combattis jadis.
C’est mon dernier jour, je le sens. Je ne désire plus vivre. Je veux me reposer. Enfin.

Je ne laisse rien derrière moi. Ni grimoire, ni objets. Seul ce mot attestera de mon existence. Et si le temps est aussi froid que je le prédis dans les jours à venir, le parchemin sera craquelé puis réduit en poussière à la première montée en température. Il ne restera alors de moi qu’un nom, bientôt oublié.
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Re: Halia Hark : Histoires du passé

Messagepar Akai » 13 Août 2012, 16:35

Akai Yuki Hime : Suivez le lapin blanc

Le bruit assourdissant du vent s’engouffrant dans les couloirs et interstices pierreux de l’œil du Nord s’était enfin tu il y a quelques heures. La tempête prenait fin, et avec elle ma trop longue oisiveté. Recluse depuis maintenant 4 jours dans cette prison de pierre et de fer, l’enfermement commençait à me rendre paranoïaque. Trop de gens au même endroit. Trop de voyageurs abandonnés au bon vouloir de caprices du ciel. Trop d’incertitudes sur leurs buts, leurs pensées. Et dans chaque regard, chaque sourire, chaque murmure je décelais méfiance et haine à mon égard. Il fallait que je sorte ; laisser mon esprit rependre contact avec la nature et les éléments. Retrouver le contact de ma neige nourricière. Sentir les puissances élémentaires monter en moi, puiser à la sources de toute chose. Sortir, et vite. VITE…
Le vent caresse enfin mon visage. A entendre les grognements derrière moi, Koss et Dunkoro devaient plutôt considérer que ce dernier leur fouettait le visage. Mais je pouvais les comprendre. La chaleur d’Elona m’avait un temps abattue. Le temps les habituera aux rudes conditions des montagnes. Loin devant moi un pâle soleil luttait pour imposer sa douce chaleur à la nature environnante. Il lui faudra sans doutes plusieurs jours d’effort pour réveiller la totalité de la faune et flore. Pour le moment, j’ai l’impression saisissante d’être la seule âme qui vive à cent lieues. Je ne peux contenir le sourire qui se dessine sur mon visage. Rechaussant mes lunettes, pour cacher de main ce signe de vanité intolérable, j’accélère le pas, sans direction précise. La glace craque sous mes pieds, les fêlures naissantes dessinant une mosaïque improbable et chaotique dont le dessin serait interprété par le plus sage des fous comme une parabole de la fragilité de la vie. D’ailleurs derrière moi Koss échappe de peu à la dérobade d’une plaque gelée sous le poids de ses arguments guerriers. Mon pas s’accélère encore une fois arrivée sur le sol neigeux. Devant moi, le blanc irréel et scintillant s’étend à perte de vue. Je marche sans être dérangée par la moindre pensée. Je, ou plutôt nous mes compagnons et moi, sommes seuls.

Le vieil ermite que nous cherchons se trouve au bord du Lac Drakkar. La route est certes longue, mais pour une fois nous avons le bonheur de ne pas voir nos déplacements ralentis par des hordes ennemis. Soit ces derniers dorment encore, soit ils se préparent à repartir en chasse. Mais dans tous les cas, ils ne sont pas devant nous. Tant mieux. Quelques heures de dur effort plus tard l’immensité virginale laisse place à un scintillement aveuglant. Nous sommes enfin arrivés au Lac. Une immensité encore glacée par endroit, s’étendant à perte de vue vers le Nord. Et toujours personne. Je sens que ce silence commence à peser sur les nerfs de mes compagnons de voyage. Aidan a les mains crispées sur son arc, le regard furetant continuellement à l’affût du moindre signe d’hostilité, du plus petit piège. Koss a sorti son épée, tandis que Gwen fait tout son possible pour rester au centre du groupe, bien protégée. Leur instinct ne les a jamais trompé, et je leur fais confiance. Quelque chose que je ne sens pas encore doit flotter dans l’air, une menace sourde. Je recule de quelques pas, vers Koss. Le ciel se couvre de gris, la température baisse sensiblement. Et Aidan décoche enfin sa première flèche. Le sifflement caractéristique de la flèche dans l’air nous sort de notre torpeur attentiste. Nous tournons tous la tête vers la cible. Aidan éclate de rire, et nous le rejoignons dans son déchaînement nerveux en apercevant un petit lapin blanc, figé de peur, qui nous regarde de ses grands yeux rond, une flèche plantée à 2 cm de lui. « Je crois que tu as trouvé l’éclaireur de l’armée des lapins, Aidan. La victoire est bientôt notre » lance Koss, hilare. Et le lapin repart. Nous le suivons, sans raison. Certains y voyaient peut être un gibier pour le repas de ce midi. Moi j’avais lu dans les yeux du lapin un appel au secours. Le genre de sentiment à ne pas répéter trop fort en société. Mais dehors tout est différent et même les lapins demandent de l’aide. Nous suivons donc le lapin, même quand celui-ci s’enfonce dans un terrier à taille humaine. L’air ambiant est plus chaud, et au fond du trou, après une descente le long d’un chemin escarpé et circulaire, une colonie de lapin batifole dans un Eden verdoyant préservé des intempéries extérieures. « Aidan, la voilà ton armée de lapin. Aux aaaaaaaaaaaarmes ». Le rire sarcastique de Koss résonna dans toute la caverne, et ses paroles furent prophétiques. Les lapins disparurent en un éclair, laissant place à des apparitions de formes noires brumeuses. Des Vaetirs. L’effet de surprise est pour eux, nous accusons lourdement une première charge, violente. Gwen est projetée au sol, tandis que Devona est assaillie de toute part, malgré les moulinets désespérés qu’elle fait avec son marteau. Mais nous nous ressaisissons, vaillamment. Nos sorts déchaînent un enfer de feu et de glace, alors que Koss charge, en hurlant, le centre de la grotte. Son épée se met à luire, tout comme son armure. Sans me retourner je sais que derrière moi le mercenaire ritualiste a renforcé Koss de plusieurs sorts. Aidan, de son coté fait pleuvoir les flèches, et Gwen se relève enfin, furieuse, tout en pointant du doigt ce qui semble être un caster ennemi. Ce dernier tombe à la renverse, perdant le fil de son incantation. Mais dans son dos, une nouvelle vague de brumeux commence sa charge offensive. Du coin de l’œil j’aperçois Cynn qui se prépare à une nouvelle incantation, ainsi que le ritualiste qui dresse une barrière d’esprits défensifs devant Dunkoro, dont toute l’énergie va, je le sais, en direction de Koss. Il faut stopper l’avancée du nouveau groupe où nous serons submergés, hurle Aidan. D’un geste rapide je m’élève donc quelques instants dans les airs. Le froid de l’extérieur semble être comme aspiré vers moi dans un tourbillon illuminé de milliers d’étoiles glacées. Je tends alors le bras, et leurs jambes s’emprisonnent dans un afflux de glace. Les voilà arrêtés. En bonus, je décide de leur assener un maelstrom, cela évitera aux casters de nous déranger quelques secondes. Puis tout devint rouge. Prisonniers de la glace, aucun des ennemis ne peux alors échapper à la tempête de feu qui se déchaîne sur leur position. Nous reprenons le dessus, et cela nous encourage vivement. Koss tranche rapidement des ennemis déjà affaiblis par les tirs d’Aidan ou les sorts incapacitants de Gwen. Et Devona finit d’écraser ceux qui par miracle bougent encore. Quelques dizaines de secondes plus tard, et nous sommes vainqueurs. Seuls les derniers cris d’agonie des Vaetirs résonnent encore, en s’estompant, dans la grotte. Puis le silence. Et les rires. Nous évacuons, sans pouvoir nous contrôler, le stress des dernières minutes.

En remontant, le froid nous assaille de nouveau. Au loin une cheminée fumante témoigne d’une trace de vie. Peut être s’agit il de la maison de l’ermite que nous recherchons. Nous reprenons donc notre chemin, et quelques kilomètres plus loin le manteau neigeux cède sa place à un chemin de pierres jaunes. Un sentier serpente, lui, sur notre gauche. Le lapin qui y attend, le regard dans notre direction, nous décide à emprunter la voie pavée. Saloperies de lapin.
Dernière édition par Akai le 13 Août 2012, 16:36, édité 1 fois.
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Re: Halia Hark : Histoires du passé

Messagepar Akai » 13 Août 2012, 16:36

Yun Sun Hark : Panacée

La chaleur du bouillon me fit oublier quelques secondes les difficultés des derniers jours. Puis avec comme guide les fines baguettes, dont le vernis était usé par des années de servitude, je fis remonter, bruyamment cela va sans dire, les longues nouilles du bol à ma bouche. Enfant je m’amusais de les voir ainsi remonter en gigotant comme un animal apeuré. Aujourd’hui cela ne fait plus rire, je suis l’animal apeuré et je comprends mes nouilles. Se sentir aspiré dans un gouffre inconnu, sans pouvoir faire quoique ce soit est une expérience traumatisante. Le bref soin psychologique apporté par le maigre repas était terminé. Des images me revenaient en mémoire. Des gens, que je connaissais pour certains, transformés en tas de chair purulent, déformation grotesque de celui qui fut humain. Les cris de douleur de ceux qui se sont transformés devant moi hantent mes nuits. Tout comme les gestes que je me suis résolue à faire, sans sourciller, à chaque rencontre avec ces « choses ». N’hésites pas une seconde, m’a dit Maître Togo. Tu ne les tueras pas, tu les libéreras. Alors je les libère de la douleur, et de leur malédiction, à ma manière bien sur. Mais cela ne me suffit pas, je n’y trouve aucune satisfaction. Mes actions, et celles de mes condisciples, ne stoppent pas la contagion, elles la régulent, et si peu encore. C’est pourquoi j’ai proposé mes services à la recherche d’un remède, et que me voici à Kaineng.

Je repose le bol, vide. Les mets raffinés et la cuisine zen végétarienne de Shing Jea me manquent, mais je ne suis pas là pour flâner. Je pose une pièce sur le comptoir, bien plus que ce que me demandais le marchand pour le plat. Savez vous où je peux trouver un vendeur du remède au mal qui ronge la Cité ? Je lis de l’inquiétude dans les yeux du marchand. Une peur sourde dont je ne sais si elle vient de l’évocation du fléau ou bien du vendeur en lui-même. Regardant à sa droite pour être sur que d’autres clients ne nous avaient point entendu, il m’indique le chemin des quais.
La route qui y mène est courte, mais reposante. Les quais sont le seuls endroits de Kaineng où la vue peut se poser sur un horizon infini et libéré d’entrelas de cordes et bois. Malheureusement la fraîcheur du vent côtier n’atténue en rien les odeurs pesantes et envahissantes qui émanent de tout Kaineng. Passant maints navires à ma droite et entrepôts à ma gauche, je débouche alors sur une place singulière, où se joue une pièce de théâtre de marionnettes. Aux premières notes du shamisen, je reconnais de suite Musume Dojoji, la jeune fille du Temple Dojo. Les marionnettes se mettent à bouger, et la voix grave et longue du narrateur entonne les premiers haïkus du récit. La carriole des artistes porte le nom de Ichikawa Kon. Maître Togo nous a souvent parlé de cet artiste itinérant, qui se refuse à employer son art pour divertir les riches et préfère vivre dans la semi misère et amuser ceux qui n’ont pas souvent l’occasion de s’évader par la pensée. Pour occuper mon esprit, je récite en même temps que le narrateur. Combien de fois ais-je lu ou assisté à la représentation de cette pièce à Shing Jea ? Et au moment où le tambour fait trembler une première fois les fondations fragiles du petit théâtre, mes yeux se posent sur un étal rempli de fioles. Arborant les atours habituels de la Guilde des Médecins, le marchand est en pleine discussion avec quelques gardes Impériaux. Petit, joufflu, les yeux perdus dans des orbites renfoncés, il encaisse alors quelques pièces d’or et tend une fiole au contenu jaune. Je suis son client suivant. Et tout dans son attitude trahit son impatience de me vendre le fameux remède. Son discours, bien rodé, parle de peur, de menace, de colère divine ; et termine dans une apothéose grandiloquente sur la nécessité absolue de se préserver, donc acheter et boire son remède, vendu pour la somme de 100 PO. Un modique montant au regard du prix de la vie. Je suis de toutes façons venue ici pour ce remède. Je paie, je prends la marchandise, et je retourne au Palais de l’Empereur. Quand je quitte la place, le gong marque la fin du premier acte de Musume Dojoji.
????

Il a fallu l’apport de mes longues années de méditation pour que je n’explose pas de colère lorsque je lu le rapport du conseiller de l’Empereur. Le remède est un faux, un leurre provocant l’addiction. Il faut être le dernier des moins que rien pour oser faire du profit sur le malheur, la peur et la crédulité des gens. La potion ne guérit pas. Pire, elle rend malade. Je sens le mana monter en moi. Le bout de mes doigts crépite de petits éclairs bleutés. Le ministre comprend de suite ce que disent mes yeux. Allez y, tuez les. Débarrassez nous de ces vils cloportes. Il me tend un sac de pièces d’or, pour les mercenaires que vous jugerez utiles, dit-il. Je quitte le Palais en courant, direction les quais, prenant juste le temps de souffler lorsque j’engage quelques mercenaires, ravis d’aller en découdre après avoir entendu mon histoire. Je ne sens plus le vent marin, ni les égouts de Kaineng. J’ai la bouche sèche, et le regard fixé sur le bout des quais. Les marionnettistes ne sont plus là. A leur place claquent au vent des linges étendus sur une corde marine. Le ciel gris est annonciateur d’orage. Celui du déchaînement de ma colère. A mes cotés, les mercenaires sortent leurs armes, ou débutent des incantations. Comme moi, ils sentent que quelque chose va arriver. L’endroit est trop calme, trop vide. Le marchand me reconnu tout de suite, et il comprit à mon attitude et à la présence des mercenaires que j’avais découvert la supercherie. D’un geste étonnement souple pour quelqu’un de sa corpulence, il bondit en arrière pour se coller à un mur. Son sourire de bonnimenteur se changea en celui de carnassier.

Acculé comme un lapin, il était à ma merci. En appelant à la puissance des esprits, je ne vis pas arriver, des toits voisins, les nombreux assassins des Am Fham. A peine matérialisé devant moi, mon esprit reçu de plein fouet des dagues de lancer qui m’étaient destinées. J’allais maintenant pouvoir évacuer mon trop plein de colère. Les derniers assassins à arriver tombèrent dans un sol de feu, création de la mercenaire élementaliste, et furent punis par le ciel en une suite d’éclairs divins puis d’une explosion de mana. Cela faisait longtemps que je n’avais pas goûté aussi fièrement à la puissance de la magie de la canalisation. Devant moi le guerrier mercenaire tranchait maintes artères et jambes, et je continuai de l’appuyer par des sorts d’altération d’armes. Les flèches pleuvaient, les sorts fusaient, tant et si bien que les assassins Am Fham reculaient devant notre puissance destructrice. Pris aux piège par leur soit disante proie, ils furent détruits. Le sang de nos adversaires se répandait en marres poisseuses sur le sol dallé de la place. Des morceaux de corps coulaient le long des murs. Tout ce gâchis d’âmes par la volonté d’un à vendre des drogues. Nos pas laissaient des empreintes rouges quand nous nous sommes approchés du marchand. Il pleurait pour sa vie. Sa gorge fut tranchée et je pris plaisir à le regarder perdre la vie dans des pitoyables essais à respirer. Son regard, pourtant, ne trahit jamais aucun repentir ou honte. Qu’il crève comme un naga galeux !

Et alors que le guerrier nettoyait son arme sur les draps qui séchaient à coté de nous, un enfant vint me voir. Madame, il y a un autre marchand là bas !
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Re: Halia Hark : Histoires du passé

Messagepar Akai » 13 Août 2012, 16:38

Yun Sun Hark : Kubima

Son pelage soyeux se pliait sans contraintes aux mouvements de mes mains, et le ronronnement qui faisait trembler en continu sa cage thoracique m’indiquait qu’il aimait être là, à ma merci, étendu de tout son long et de toute sa masse sur les dalles usées mais chaudes de l’auberge. Les yeux fermés, la tête légèrement repoussée vers l’échine dans une démonstration impudique et animale de plaisir, Kubima était sans conteste l’attraction de la salle. Mais une attraction de celles qu’on aime regarder de loin, et qui déjà procurent leur dose de peur. La plupart des clients avaient donc les yeux rivés sur mon Kubima, anticipant mentalement un accès virtuel de violence de sa part. Mais Kubima avait déjà bien mangé dans les heures précédentes, avec des dizaines de corps encore chauds et juteux de sang.
« Une fois qu’il aura goûté au sang………………. » Daizo Sensei me le répétait sans cesse depuis que j’avais trouvé ce petit bout de chiot affamé et pouilleux sur les berges de Shing Jea il y a de cela 10 ans et qu’il avait cru déceler en lui une pointe de folie carnassière. Il faut dire que Kubima lui avait immédiatement sauté à la gorge, tentant vainement de lui arracher un bout de chair pour se sustenter.

Ma main repassait sur son ventre quand j’entendis le serveur poser mon plat sur la table de bois. Apres une dernière caresse je me relevais doucement, laissant Kubima a ses doux rêves, puis m’asseyais sur le banc poisseux jouxtant ma table. Dans les rainures du bois quelques vers se disputaient le reste de nouille d’un repas précédent. La soupe était trop salée, trop grasse et pourtant sa chaleur me fit reprendre vie. Etirant les bras vers l’arrière, je sentis mes muscles crier, puis un liquide poisseux me couler le long du dos. Une de mes récentes blessures, à peine cicatrisée par la croûte, avait du céder. Qu’importe. Mon intégrité physique n’est pas le centre des mes préoccupations actuelles.
Je finis maintenant le bouillon du bol, et m’essuie la bouche d’un revers de mon avant bras droit. A coté de moi Kubima dort du sommeil du juste ; alors même qu’un enfant téméraire s’amuse à lui gratter le dos. La chaleur de l’auberge est rassurante. Dehors le vent déchaîne sa violence et des vagues gigantesques balaient les quais, emportant les frêles structures en bois qui servaient d’appontements. Cela faisait longtemps, aux dires d’un habitué des lieux qui maintenant dormait dans son vomi, que la ville n’avait subi pareilles colères des kami.
« Clair que les dieux nous punissent » hurle un vieil homme au dos courbé, comme s’il avait lu dans mes pensées. « Aujourd’hui la tempête, hier l’épidémie, et demain….. La chute de l’empereur, peut être »
Des clameurs de desaprobation fusent dans la salle. Il est des choses dont on ne parle pas en mal, et jamais l’Empereur, incarnation des puissances divines, ne peut être remis à cause de cette façon, hurle une femme à la peau blanchâtre. L’anesthésie qui frappait la salle voilà quelques minutes laisse maintenant la place à une montée crescendo de chuchotements, ouvertement audibles. Puis le raclement d’une chaise contre le sol.
- Comment une kurzik ose t’elle donner des leçons de morale alors qu’elle et son peuple ont choisis de vivre cachés dans leur foret minérale, maudits à jamais !!!! l’homme qui vient de se lever est grand et fin, son visage buriné par des années de labeur en extérieur est déformé par la colère. Et sa main droite repose sur le pommeau d’une épée. « Ne te mêle pas des affaires de l’empire, femme ».

Ce fut le mot de trop. La femme tend le bras et un éclair bleuté déchire l’air et file vers l’homme à l’épée qui, sous le choc, s’écrase contre le mur de l’auberge. La femme se lève, et s’élève un bref instant dans les airs, les bras tendus en croix et les yeux révulsés. Je sens le mana se diriger vers elle. Kubima, ouvre les yeux, alerté par un sixième sens. Le temps semble s’être arrêté dans la salle. Les clients sont effrayés, sans savoir ce qui va se passer, réellement. Moi je le sais. Je tends le bras, tout en me levant. Mon esprit heurte celui de l’élémentaliste kurzick. Et le repousse. Stoppée en pleine incantation, la femme tombe à la renverse, emportant avec elle la table de derrière et les bols de nourriture qui s’y trouvaient. Je hurle :
- C’est d’entraide que nous avons besoin dans ces temps troublés où chaque jour voit son lot de mauvaises nouvelles ou prédications. Par tous les kami, quand allez vous cesser de vous confronter pour des futilités. Des gens se transforment en monstres purulents dans de terribles souffrances. Des assassins rodent dans les rues, pour égorger femmes et enfants. Et vous, vous continuez à ressasser de vieilles histoires ! Ouvrez les yeux…………….
Ma colère montait au fil des mes mots. Je tremblais presque de peur devant mon propre comportement et l’envie de sang qui s’empare de mon inconscient quand je cède à mes pulsions de rage.
Je récite donc « Aum sahanaavavatu / Sahanau bhunaktu / Saha viiryan karavaavahai / Tejasvi naavadhiitamastu / Maa vidvishhaavahai ». Comme Maître Togo nous l’avait enseigné à Shing Jea, les pulsions se voient expulsées par certains mantra. Et je m’applique à ne plus penser qu’a cela. « Aum sahanaavavatu / Sahanau bhunaktu / Saha viiryan karavaavahai / Tejasvi naavadhi…… »

La fenêtre donnant sur la rue vole en éclat sous une pluie de flèches. Touché en pleine gorge, un homme s’écroule. Ses jambes bougent encore sous le coup des spasmes quand un affligé armé de dagues atterrit sur son corps, lui écrasant la cage thoracique et abrégeant ses souffrances. Son odeur pestilentielle emplit la pièce. Le feu s’éteint sous le coup d’une violente rafale de vent qui continue de tourbillonner au centre de la salle. Derrière l’assassin se dessinent une multitude de silhouettes difformes et grotesques de ceux qui furent, voilà un temps, humains. Les cris des clients de l’auberge sont couverts par les grognements bestiaux des affligés qui, comme une meute, déferlent d’un coup sur nous.
Désordonnés dans leur fuite, les clients s’agitent chaotiquement, cherchant à se protéger. Déjà une dizaine d’entre eux sont tombés, morts dans plus ou moins de souffrances. Kubima quant à lui a bondi, toutes griffes dehors. Sa patte droite plantée dans le crâne d’un assassin, il tente maintenant de lui fracasser les os du crâne dans l’étau de sa mâchoire. A ma gauche, le guerrier à l’épée enchaîne parade et coup de taille sur une cible armée d’un cimeterre et d’un bouclier. Jetant un œil sur la kurzik je la vois se télétransporter 20m plus loin contre ce qui semble être un guérisseur. Un instant plus tard, ce dernier est frappé de milles éclairs, et tombe à la renverse. C’est le moment que je choisis pour lui faire goûter à une explosion de mana. Il n’a pas le temps de relever, et son corps sans vie s’écroule mollement.

A peine ai-je eu le temps de contempler le résultat de mon attaque qu’un sixième sens me dicte de quitter ma place. Je me jette donc de coté, juste au moment où une pluie de feu s’abat sur ma position initiale. Encore couchée au sol, je soutiens le guerrier en enchantant son arme. Son coup suivant déchire le bouclier de son opposant et tranche le bras avant de s’enfoncer dans le torse. Le sang gicle à flot, et des flaques poisseuses qui recouvrent maintenant le sol dallé de l’auberge des formes mort vivantes se détachent. Des cadavres des affligés et des clients naissent des golems de chair qui attaquent sans tarder. Notre problème de déficit numérique semble être maintenant réglé, et tout en me relevant dans une pirouette apprise lors des entraînement aux arts martiaux, je cherche du regard le nécromant responsable de se revirement de situation. Accroupi derrière une table renversée en guise de barricade, le vieil homme me fait signe de le rejoindre. Autour de lui brille un cercle verdâtre. « Vous ne manquerez plus de mana. Déchaînez vous ». Je souris. Mes yeux se révulsent et je tend mon esprit, affûtant mes sens. J’entends distinctement Kubima rugir d’un plaisir carnivore et son plaisir de mort s’empare de moi. Et comme me l’a demandé le vieux nécromant, je me déchaîne. Pleinement. Et fièrement. Deux esprits enchaînes apparaissent à mes cotés. Leurs cris d’outre tombe résonnent dans la pièce. Et tandis que quelques ennemis semblent impressionnés par cette soudaine apparition spectrale, je les pourfends tout en soutenant les efforts du guerrier. Mon énergie fuse à grande vitesse et les blessures qui m’étaient destinées sont absorbées par un des esprits. Le second soigne l’élémentaliste kurzik, qui continue de frapper sauvagement, saut après saut. Leurs forces réduites à néant, les derniers affligés survivants tentent quand même une dernière manœuvre. Aveuglés de colère, ceux qui ne sont plus humains, chargent une dernière fois. Et arrivés au contact du guerrier, certains font exploser autour d’eux une fournaise de lave en fusion. Des flammes lèchent les murs et les meubles en bois de l’auberge, et un instant plus tard nous nous retrouvons sous un ciel de feu. Les quelques derniers clients survivants hurlent de terreur et se précipitent vers la sortie, ignorant le guerrier affligé qui fendait l’air de son épée dans un moulinet sauvage. Ni le guerrier, ni l’élémentaliste, ni même moi n’eurent le temps de réagir avant que ces pauvres âmes se fassent découper en maints morceaux dont certains allèrent rôtir brièvement au plafond avant de retomber, en quasi cendres, dans la marre de sang qui recouvrait désormais le sol. Puis le guerrier affligé tomba, plaqué au sol par un Kubima, blessé, qui lui lacerait le dos à coup de griffes. Soulagé par ce retour de mon ami, je pu me concentrer sur la menace la plus directe de l’instant, l’élémentaliste affligé. Mes éclairs lui déchirèrent le corps en même temps que ceux de la kurzik, tandis que le guerrier à l’épée transperçait le second élémentaliste ennemi. Il retira son épée, déversant les entrailles putréfiées de sa victime. Notre dernier adversaire tombait, mort, au moment où mes esprits disparaissaient à nouveau dans les limbes qu’ils n’auraient jamais du quitter.

Nous avons juste le temps de nous précipiter dehors que l’auberge s’écroule sur elle-même, entraînant avec elle les étages supérieurs où vivent des familles, qui se verront dans un instant brûlées vives dans les flammes infernales. Leurs cris de douleur résonnent entre les façades des ruelles de Kaineng. Et le vent pousse plus loin les flammes que la pluie fine n’arrive à éteindre. Au loin, la cloche des soldats du feu se fait entendre. J’essuie une larme, avant d’aller réchauffer mon âme en serrant, fort, Kubima contre moi.
Blond de Père en Fils depuis 2006
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Inyae (20 Août 2012, 20:02) • hubertvn (13 Août 2012, 17:26)
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Akai
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