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Halia Hark : gestes déplacés

Episode 1 où on apprend avec stupéfaction qu'Halia Hark était une enfant turbulente.

Promontoire Divin. 10 ans auparavant.

« Halia ! Halia !! Haaaliiiiiiiiiiia ? » La femme n’en finissait pas d’arpenter la terrasse en bois, hurlant entre ses mains, cherchant du regard une hypothétique silhouette. Las de s’époumoner dans le vide, elle finit par s’arrêter et se reposer contre la balustrade, la main droite en appui sur une des nombreuses poutres verticales. Chacune d’entre elles était d’ailleurs finement sculptée de motifs incompréhensibles, et décorée d’une tête de dragon à son faite. Une démesure stylistique prévenant le visiteur qu’il entrait dans une demeure cossue, celle du chef de la guilde des marchands du Promontoire Divin.

Un bruit sorti la femme de sa rêverie momentanée. Elle se retourna rapidement et aperçu par la fenêtre donnant sur le grand salon la silhouette d’une petite fille déguerpissant à toutes jambes par la porte menant au grand escalier. A ses trousses, un chien qui ne s’encombrait pas d’esquiver les obstacles et laissait sur son bref passage une idée d’apocalypse ménager. Guéridon renversé. Vases explosés… l’inventaire qui sera fait quelques heures après aurait mis sur la paille une famille d’ouvriers. Une seconde plus tard, l’animal disparaissait lui aussi hors de vue de la femme qui serra le poing de colère et hurla de plus belle « Halia ! Arrêtez de vous comporter comme une sauvageonne ou j’appelle votre mère ». Pas de réponse si ce n’est un claquement de porte puis, après un bref silence, le son d’une vitre que l’on casse suivi des rires francs de la petite fille et les aboiements du chien. La femme se dirigea en courant vers le petit escalier qui menait au jardin et ne put qu’observer la petite Halia dévaler le toit de la terrasse, roulée en boule, puis s’écraser durement au sol dans l’herbe fraichement coupée ce matin même par l’employé Sylvari de Monsieur Hark. Des dizaines de bris de verre et de morceau de bois arrachés à ce qui était quelques temps plus tôt la fenêtre d’une chambre prirent le même chemin et tombèrent en une fine pluie sur la petite fille.

La femme se précipita vers cette dernière. Sa main tremblait lorsqu’elle la toucha pour la secouer, vérifier si elle était blessée. Elle retourna la petite sur le dos. « Mademoiselle Halia…. Mademoiselle… Réveillez-vous mademoiselle, s’il vous plait ». La fillette restait immobile. La femme s’ébouriffa les cheveux dans un geste de stress et sembla chercher quelqu’un du regard, chercher de l’aide quel qu’elle soit. Mais le seul être vivant dont elle croisa le regard fut le chien, trônant fièrement sur le toit de la terrasse, la langue pendante et la queue frétillante de la joie d’avoir bien joué. Et d’un coup il aboya. Et ce fut au tour de la petite d’éclater de rire. La femme se retourna, l’air sévère. « mademoiselle Halia, ce ne sont pas des mani…. » elle ne finit cependant jamais sa phrase, d’un coup attendrie par le visage de l’enfant. Ses grands yeux noirs pétillaient de joie et elle riait à gorge déployée. Les lourds aboiements du chien faisaient écho au son cristallin de ses rires. Il lui fallut quelques minutes pour se calmer.
par Akai
13 Août 2012, 16:27
 
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Re: Halia Hark : gestes déplacés

Episode 2, où le lecteur assistera, médusé, à la rencontre entre Halia et un Asura, moment propice à une confrontation de caractère.

L’Arche du Lion. 4 ans auparavant.

« Vos illustres ancêtres doivent se retourner dans leur tombes en vous écoutant sortir de telles âneries, jeune fille ! » Binocles dorées visées sur son nez anguleux, le précepteur se pinça les lèvres, puis mis sa main devant la bouche pour tousser. Le genre de toux factice, censée être pleine de sens, de reproche, de dépit. « Combien de fois, vous ai-je répété que la magie élémentaire demande la plus grande concentration, ainsi que des heures de méditation, d’étude, de calme afin d’en comprendre les mécanismes… Si vous voulez un jour rivaliser avec les meilleurs élémentalistes, vous devez avant tout apprendre la théorie, les principes magiques et physiques qui régissent… » Halia le coupa net, en se levant. Elle fit deux pas pour se rapprocher, presque nez à nez, avec son professeur privé. Sa petite taille l’obligea néanmoins à se mettre sur la pointe des pieds et légèrement pencher sa tête en arrière. Le professeur plissa les yeux de surprise et voulu ouvrir la bouche. Mais Halia leva sa main droite et posa son index sur celle-ci. « chuuut ! vous me fatiguez. Vous étudiez depuis votre enfance. Vous ne faites que ça. Et vous êtes à peine capable d’allumer un feu de cheminée. Alors vos conseils, cher professeur….. » Gardant son index sur la bouche du précepteur, Halia recula d’un pas. Un large sourire se dessina sur son visage, comme à chaque fois qu’elle s’apprêtait à faire quelque chose qui allait fortement fâcher son entourage. Une bourrasque explosa la fenêtre la plus proche et un tourbillon d’air entra dans la salle de cours. Le professeur recula prestement et trébucha sur une chaise. Il bascula alors en arrière, battant des bras en espérant vainement rattraper son équilibre. Le tourbillon de vent entoura alors Halia, la décolla du sol, puis fit demi-tour vers la fenêtre. Elle riait aux éclats. « bonne journée professeur ! » fut tout ce que dernier entendit avant de se fracasser lourdement l’arrière du crâne sur le rebord d’un bureau.

Dominant l’Arche du Lion depuis le ciel, portée par le tourbillon de vent dont elle contrôlait la vitesse et l’intensité, Halia admira quelques minutes l’urbanisme anarchique de la capitale. Le cosmopolisme de celle-ci avait eu des répercutions étonnantes sur son agencement. Ne pas se perdre dans la partie nord est était une gageure, et nombre de nouveaux arrivants et touristes y perdaient leur sang-froid dans les nombreuses passerelles et ruelles qui la composaient. Halia avait toujours trouvé que c’était cependant l’endroit le plus intéressant de la ville. On y rencontrait toutes sortes de personnes, du notable au contrebandier avide. C’est finalement ces personnes et lieus interlopes qui faisaient la vraie richesse du quartier. Quelques jours plus tôt, en visitant les égouts – elle avait dû en fracturer une entrée – elle était tombé sur une sorte de secte secrète nommée Agents des Soupirs. Elle avait cru sa dernière heure arrivée, mais un de leur chef l’avait laissée partir. En souvenir de la grandeur de tes ancêtres, petite ; avait-il dit. Ses ancêtres. Tout le monde, de ses parents à ses professeurs, lui rappelait sans cesse qu’elle était d’une descendance historique. Plus que cela même. En son sein était censé courir le sang de quelques-uns de ceux qui sauvèrent la Tyrie et Ascalon il y a des décennies. Elle n’était rien de moins que la petite, petite, petite (ad nauseam) fille de Yun Sun Hark et Akai Yuki Hime, deux des héroïnes légendaires dont on conte encore les exploits. Sauf qu’Halia n’avait jamais trouvé que des désagréments à être sans arrêt comparée à elles. Fais ci, fais ça. Respecte tes ancêtres. Ne perd pas ton temps dans des futilités. Leur âme, leur courage, existent à travers toi. Halia serra ses poings. Elle en avait marre d’être comparée à des femmes mortes il y a des éons. Elle voulait être Halia. Point. Sous l’effet de sa rage montante, le tourbillon de vent accéléra. Elle se pencha en avant et plongea à toute vitesse vers le port de l’Arche du Lion. D’une pensée elle rétablit la trajectoire à quelques centimètres seulement du sol et fila comme une fusée le long de la plage, soulevant des nuages de sable et l’eau de mer, slalomant entre les personnes venues profiter du soleil. Elle se sentait bien, libérée de toutes contraintes. Obliquant à droite, elle vola quelques secondes au-dessus de l’eau avant d’y plonger.

Le contact avec la fraicheur de l’eau lui fit reprendre ses esprits. D’un geste de la main gauche elle transforma le tourbillon d’air en bulle qu’elle disposa sur son visage, comme un casque. De longues plantes marines dansaient au rythme du courant autour d’elle. Un gros poisson aux écailles vertes la frôla au niveau de l’épaule. L’endroit avait quelque chose d’irréel, éclairé par des mousses phosphorescentes qui donnaient un halo bleu au panorama. Tournant quelques secondes sur elle-même, les bras en croix, afin de distinguer quelques repères connus, elle aperçut le haut du monument englouti. Si les livres d’histoire disaient la vérité – ce dont elle doutait à certains moments - il devait s’agir des ruines de l’ancienne place principale d’un temps lointain. Du temps de ses ancêtres, en fait. Avant que la terre ne tremble, que les dragons ne se réveillent, et que la topographie fusse changée à jamais. Les restes, majestueux – elle ne pouvait qu’en convenir – de l’ancienne Arche du Lion reposaient désormais sous l’eau, oubliés à jamais par la majeure partie de la population. Elle toucha le monument de sa main droite. La pierre rugueuse semblait avoir des milliers de choses à raconter. Ses sculptures étaient usées par la lente érosion provoquée par l’eau, mais en se rapprochant on pouvait encore y lire quelques mots, y voir des visages. Elle fit lentement le tour de l’obélisque, laissant sa paume s’imprégner de sensations variées, qu’elle jurait venue du passé. Et alors qu’absorbée dans ses pensées, elle se dirigeait vers le haut du monument, elle heurta quelque chose puis reçut un coup dans le ventre. Devant elle se tenait un Asura à la peau grise et aux grands yeux rouges. Elle le vit bouger les lèvres mais n’entendait évidemment rien. Ses gestes, rapides et désordonnés indiquait sans aucun doute son énervement extrême. Mais elle n’en avait cure. Son attention était irrémédiablement attirée par l’étrange appareillage que portait l’Asura. Un énorme sac à dos métallique surmonté d’une hélice, et d’où sortaient différents tuyaux et câbles dont certains étaient reliés aux gants du petit être. Ce dernier resserra les poings et l’hélice se mit à tourner, le propulsant vers la surface. Halia, un sourire aux lèvres, prit le même chemin.

- « Eh Pooka, fais attention. Tu as failli dérégler mon AIPC. » La voix de l'Asura était aiguë.
- « ton..... A..T... ton quoi ? ». Elle mit quelques secondes à s’adapter à la luminosité de cette fin d’après-midi. L’Asura était à quelques mètres d’elle, et elle entendait un bruit sourd, comme un ronronnement.
- « Mon A.I.P.C, idiote de pooka ! Aquaéro Isotopique à Poussée Corolaire…. C’est pas dur à deviner pourtant » De la vapeur s’échappa de l’étrange sac à dos. « C’est un prototype que j’ai moi-même confectionné. Des semaines de travail, alors heureusement que tu ne l’as pas cassé »
- « Je peux tester? » demanda Halia en tendant le bras vers l’engin. Ses yeux pétillaient.
L’asura dévia le geste d’un revers de la main et commença à reculer.
-« non, non, non, tu ne peux pas pooka ! C’est trop compliqué pour quelqu’un comme toi. En plus tu es bien trop grosse pour espérer porter mon AIPC. Et si tu continues à me harceler, pooka, je teste les armes sur toi. » Joignant le geste à la parole, il pointa son bras gauche en direction de la jeune fille.
- « Je te promet que je casserai rien. Je veux juste voir comment ça marche ton Aqualo hystérique à poussin… enfin ton truc. Et si tu veux quelque chose en échange, on pourrait s’arranger. Je connais plein de monde ici. » D’un revers de la main, Halia repoussa une mèche de ses cheveux bleus qui tombait sur ses yeux. Tout ce qu’elle vit ensuite fut un rayon d’énergie, qu’elle se mangea de plein fouet.
La déflagration fut puissante. Halia fut éjectée d’une dizaine de mètres en arrière. Sa peau la brulait atrocement et le sel de l’eau n’arrangeait rien à la sensation de douleur extrême. Devant elle, l’Asura s’envolait à toute vitesse, propulsé par son AIPC. « OK petit être… tu veux jouer au plus malin, alors jouons ». Elle invoqua du vent et se souleva hors de l’eau. Ses vêtements, gorgés d’eau, lui collait à la peau. Et ses cheveux bleus étaient soulevés par l’air. En une fraction de seconde elle commanda à l’air de se déplacer et vola vers l’Asura. A mi-chemin, elle traça une rune dans l’air devant elle. Un immense éclair déchira le ciel ensoleillé au-dessus de l’Arche du Lion et frappa l’Asura en pleine tête. Celui-ci perdit de l’altitude, mais rétablit facilement son assiette quelques mètres plus bas. Il fit volte-face pour affronter Halia. Croisant les mains devant lui, il invoqua prestement deux doubles éthérés qui se jetèrent sur la jeune fille en lançant des projectiles magiques. Halia prit peur un court instant. Impossible d’esquiver tous ces missiles de mana. Mais elle se ressaisit immédiatement. Elle leva les deux bras en l’air, soulevant une masse d’eau gigantesque qu’elle gela aussitôt. Les projectiles magiques s’écrasèrent avec fracas sur le mur glacé. De derrière, Halia pouvait voir des fissures se créer, et elle crut que sa barrière n’allait pas résister. A l’abri, même provisoire, elle incanta à la volée deux sortilèges. Le premier créa un élémentaire d’eau qui surgit de la mer et fondit sur sa proie asura, pour l’entourer. Le second, plus simple, fut un simple éclair dont l’énergie se propagea à travers l’élémentaire d’eau. La machine de l’Asura toussota, et des tuyaux rompirent. Elle le vit tomber et s’écraser sur le sable d’une plage. L’excitation de la victoire lui laissa cependant un gout amère. Elle se précipita vers l’Asura pour s’assurer qu’elle ne l’avait pas tué. Arrivée sur la plage, elle stoppa les sorts qu’elle maintenait jusqu’à lors et se pencha sur le petit corps. Mais celui-ci s’évapora aussitôt touché du bout des doigts. Alerté par son instinct de survie, Halia fit une roulade vers l’avant et se retourna dans le même mouvement. Sa position précédent fut lardée de multiples missiles de mana et elle vit l’Asura sortir de l’eau un sourire aux lèvres et traçant un signe dans l’air devant lui. Elle invoqua par réflexe un mur de sable, mais rien ne vint le frapper.
- « Jeunes gens, je pense que vous avez fini de jouer. A moins que vous ne vouliez que je m’en mêle ». Un homme de haute stature, portant une armure de plate rutilante, marchait vers eux. La tête de Lion ouvragée ornant son pectoral trahissait son appartenance à la garde d’élite de la ville. Halia était de plus certaine de l’avoir déjà vu à une des réceptions organisées par son paternel. Il marchait doucement, et ne paraissait nullement menaçant. Sauf qu’elle savait qu’il ne valait mieux pas se frotter à ce genre de personne. L’Asura devait d’ailleurs se dire la même chose, car il avait stoppé son sort et regardait l’homme s’approcher. « Je sais que vous avez besoin de vous dépenser, mais on a assisté à votre petite guerre d’assez loin. Des gens ont même craint une attaque ennemi. C’est quoi le problème, Mlle Hark ? »
- « euh, je… enfin nous… j’veux dire il a… » Halia ne savait pas trop quel était le problème en fait. « C’est moi qui ait voulu lui prendre sa machine, pour tester. J’ai peut-être un peu abusé mais mon père paiera si j’ai enfreint une loi… ou deux. » Par réflexe, elle se recoiffa. Geste ridicule vu qu’elle se savait être dans un état lamentable. Trempée, brulée, écorchée, et la robe déchirée à quelques endroits. L’Asura, lui, restait étrangement silencieux.
- « Non, Mlle. Votre père ne paiera pas. Vous êtes assez grande pour le faire. Je vous attend demain à l’auberge de la loutre dégarnie. Je vous présenterai à des suivants de Dwayna, et vous les aiderez à servir la soupe collective qu’il donne tous les jours aux nécessiteux de l’Arche du Lion. Et vous le ferez avec le sourire, pendant quelques jours. Je me suis bien fait comprendre, Mlle Hark ? » Le garde s’éloigna. Tout autour, des badots regardaient la scène et y allaient de leur commentaire. Halia sentit un mélange de haine et de honte monter en elle, quand l’Asura l’interpela.
- « Mlle Hark. Je suis ravi de faire la connaissance d’une fillette qui a d’aussi nobles pooka dans ses ancêtres. Je crains de devoir vous quitter prestement. Ma coterie attend avec impatience les premiers résultats du test de mon AIPC. » Halia le dévisagea avec étonnement. C’est la première fois qu’elle faisait attention à ses traits de visages. Le visage rond, les oreilles pointues tombantes, l’Asura faisait jeune.
- « et ton nom ? » cria t-elle alors que l’Asura s’éloignait.
- « Flujox » répondit-il avant de disparaitre derrière une dune.
par Akai
13 Août 2012, 16:29
 
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Re: Halia Hark : Histoires du passé

Akai Yuki Hime, derniers écrits

Tyrie. J’y ai commencé mon existence, et j’y termine ma vie. Aucun regret à avoir, j’ai bien vécu. Bien sur je n’ai pas eu une de ses vies tranquilles, mais mon nom est entré dans l’Histoire. Ce n’est déjà pas si mal, pour une orpheline dont la vie a commencé au milieu d’une étendue glacée battue par les vents du nord. Aucun regret, si ce n’est celui de mourir seule, de ne pas avoir vécu le conte de fée que ma vie chevaleresque aurait pourtant du connaître, si je m’en réfère aux livres pour enfants. Non, les héros n’obtiennent réellement jamais la considération des autres. Seulement de la méfiance, de la jalousie aussi, de l’indifférence le plus souvent. Trop de puissance en moi, trop d’ennemis derrière moi, et aucun véritable avenir devant moi maintenant que les menaces divines et souterraines ont été vaincues. Mon nom fut gravé dans la pierre de la commémoration, puis écrit dans des manuscrits rapidement refermés et rangés dans les étagères poussiéreuses d’une trop grande bibliothèque. On me salua, on me parla mais on ne m’écouta que rarement. Telle une bête de foire je devenais l’amie à avoir, celle qui flatte son propre égocentrisme. Une ‘uvre d’art, d’un temps déjà révolu, que les puissants, ceux qui n’ont rien fait sauf marcher avec succès sur les cendres de ceux qui ont subis, aiment à exhiber. Certains cependant ne m’ont pas oublié. Mes compagnons d’aventure, bien sur, même si le destin nous a tous amené à se séparer en une ultime et vaine et promesse de se revoir, un jour ; mais surtout les survivants des sectes et groupes que j’avais combattu. Ceux là n’ont pas oublié mon nom, ni mon visage. Ils m’ont chassé un temps par vengeance. Mon exil vient de là. J’étais las, fatiguée de devoir continuellement veiller à ma propre survie. Je suis repartie là d’où je venais. Il y fait froid, certes, mais le repos que j’y ai trouvé a réchauffé mon coeur. Je vivais pour moi. Et aujourd’hui je vais mourir, et sûrement me figer à jamais en une statue de glace, triste épouvantail relique d’une époque dont on parle au passé. Un passé qui n’est pourtant pas si lointain que cela. Mais la civilisation n’aime pas à se rappeler ses mauvaises périodes, surtout quand cela est en partie due aux faits de certains hommes. Mais vous connaissez l’Histoire aussi bien que moi. Si ce n’est mieux, puisque votre position extérieure ne rend pas votre jugement aussi arbitraire que le mien.

Je suis née il y a de cela 41 années. Mes souvenirs de petite enfance sont flous. Et rétrospectivement, je préfère qu’ils le restent. Quelques images hantent pourtant encore mes rêves : une femme traînée sur le sol tandis que je pendais à son entrejambe encore attachée par le cordon nourricier, puis une liquide chaud et gluant sur mon visage et ma bouche, et enfin les yeux jaunes d’une louve. Je mentirai en disant que je n’ai pas recherché à savoir d’où je venais réellement. J’y ai même passé deux ans de ma vie. Et la vérité est dramatiquement simple. Enfant adultère, j’ai été abandonnée par ma « famille » le jour de ma naissance, laissée seule, pour mourir, dans une toundra glacée du Sud D’Ascalon, du temps de sa splendeur. La sélection naturelle a fait le reste, et n’a pas voulu que je meure. Les astres et les dieux avaient ils déjà mon destin entre les mains ? Penser que tout est écrit me met mal à l’aise. Mais c’est la seule conclusion possible au fait qu’une louve m’est solidement pris le bras gauche dans sa gueule (j’en garde encore des marques) pour me déposer des kilomètres plus loin devant le gîte de celui qui deviendra une sorte de père adoptif.

De géniteurs inconnus je passais alors à une famille monoparentale dans laquelle, malgré toute la bonté et gentillesse dont il savait faire preuve, celui qui je nommai affectueusement Oto-san n’était guère présent, vadrouillant par monts et vaux à ses études de plantes. Mes journées étaient alors remplies, entre tache domestiques et études des manuscrits biologiques qui traînaient au fond des malles. Et vers mes 10 ans, Oto-san fut nommé membre de la Guilde des Explorateurs ; une fonction qu’il visait depuis son enfance et qui récompensait des années de travail de terrain. Nous partîmes donc vers la Cité d’Ascalon, laissant dernière nous les quelques brides d’un passé commun ordinaire dont le calme induit par la routine reste parmi mes meilleurs souvenirs, quand j’étais consciente d’être heureuse.
Ascalon la Grande. Je n’ai pour habitude d’être émotive, mais le spectacle de cette majestueuse forteresse aux pierres claires, perdue dans un océan de verdure m’a bouleversée. Alors que la vie s’y faisant trépidante, presque à l’image d’une fourmilière, on y ressentait avant tout calme et volupté, pour reprendre les mots d’un ami poète que je rencontrerai des années plus tard, et qui se perdit dans les affres de l’opium de Cantha. Comme dans les contes et légendes des chevaliers immaculés paradaient sur leurs blancs destriers, des dames bien vêtues se hâtaient dans la cour intérieure et des magiciens grandiloquents faisaient mille et un tours de passe-passe pour divertir les marmots aux cheveux en bataille. Le contraste avec mon ancienne cabane était saisissant, et j’avoue honteusement m’être un temps laissé porté par cette ambiance grisante. Jusqu'à ce que Oto-san soit envoyé à des centaines de kilomètres, par delà les montagnes enneigées de l’Ouest. Dans un au revoir aux allures d’adieux, il me confia alors aux bons soins des précepteurs d’Ascalon. J’intégrai alors ce qui était considéré comme la meilleure école. Mais mélangée aux fils de chevaliers, fille de courtisanes et bien d’autres noblillons ou rejetons de bourgeois, je fus vite mise au ban. Fille de pas grand-chose, campagnarde un peu rustre, j’étais l’intrue de l’école, celle qui devait sa place à la magnanimité du Roi, en échange des services d’Oto-san. Ce fut presque qu’on ne me prenne pour la servante souillon, tout juste bonne à laver la plancher et porter les sacs. Ce fut presque que je ne le crois moi-même. Des manières je n’en avais aucune. Niveau connaissances j’avais quelques années de retard sur les autres élevés du même age. Et surtout mon physique effrayait, même certains professeurs. Est-ce mes premières heures passées dans l’immensité glaciale, une tare pour être née bâtarde, ou juste un coup du hasard, qui m’ont donné ce teint bleu glacial, de la peau à la racine des cheveux en passant par les yeux ‘ Le surnom de bonhomme de neige me faut vite attribué, jusqu'à ce que le précepteur principal, peut être pris de pitié à mon égard, raconte la vieille légende la femme des neiges, et fasse publiquement remarquer que le dessin que l’auteur faisait de cet être me ressemblait étrangement. Yuki Hime, la princesse de la neige, devint mon surnom, puis par la force des choses mon nom. Il n’y avait malheureusement que peu de respect dans le ton de ceux qui m’appelaient ainsi, mais de la moquerie, et peut être un peu de peur, puisque la légende ne le dit elle pas, je mange les voyageurs égarés dans le blizzard ! Toujours est il que les années passèrent, sans nouvelle d’Oto-san, mais avec quelques satisfactions dont celle de me savoir douée pour les arts élémentaires.

J’avais 13 ans. Je vivais alors à l’Académie des arts élémentaires, montrant une certaine disposition innée pour la maîtrise de l’eau et de l’air. C’est à cette époque que j’ai définitivement perdue toute idée de notion de hasard. Née dans le froid glacial, abandonnée dans la neige, portant des caractéristiques physiques dites glaciales et maintenant douée pour la maîtrise de éléments eau et air’. La nature, ou les dieux, avait décidé pour moi, me façonnant à leur idée pour un quelque chose sûrement important. Ce quelque chose je le connais maintenant. Jouer les héros, survivre aux Ennemis et faire le travail qui doit être fait, coûte que coûte. Et le premier adversaire frappa. On était alors habitué à l’opposition constante contre les Charrs, une guerre dont les raisons se perdaient dans la mémoire défaillante des anciens. Les Charrs attaquaient, les Chevaliers repoussaient, et on comptait les pertes. Le Mur nous protégeait. Mais ce jour là, par un soleil de plomb, les Charrs attaquèrent plus fort, plus rapidement, plus rageusement que d’habitude. Le Mur tint bon. Mais quelque chose changea en Ascalon, comme si un vent de panique s’emparait du peuple. Avec le recul, je pense sincèrement que ce fut du réalisme dont firent preuve les Ascaloniens. Du réalisme face à un danger réel. Peu ou prou après ces événements je décidai de prendre du recul et tester la vie au grand air. Avec la bénédiction de mon instructrice, je parti donc à la rencontre d’Ascalon, en grande partie pour tester mes compétences. Survivant plus que vivant grâce à l’eau pure de la rivière et à quelques baies sauvages, j’apprenais alors les rudiments de ce qui me permit ensuite au plus fort des événements dramatiques de Tyrie, Cantha et Elona de survivre. Mon caractère se forgeait, mes réflexes s’affinaient, mes sorts prenaient de la puissance, et je devenais aussi malheureusement plus solitaire que jamais.
Le temps passa, rapidement, et je fis des rencontres qui allaient me mener au centre d’un pétrin que je n’avais pas désiré. Vous connaissez la suite’. La Fournaise, ce déchaînement d’éléments destructeurs lâchés par les Charrs. La fin d’Ascalon la verte. Le début d’une ère de déchéance, de fuite, de morts, de gloire déchue. Le début aussi du réveil des Ascaloniens, de leur prise de responsabilité au regard des actions de Rurik, le Prince d’un royaume en miette mais qui laissait tout son courage et sa volonté au service d’un hypothétique meilleur avenir. Lutter contre les Charrs, d’abord, puis contre des nouvelles forces venues des montagnes, de la foret, puis du désert. Découvrir la puissance qui se cache derrière cet apocalypse. Tuer cette main maudite, occire ses suivants, détruire ses minions, balayer la cendre et le sang pour espérer découvrir une once de futur. Nous ne demandions pas alors un nouvel age d’or. Nous pleurions de désespoir, priant pour une fin de guerre et un moment de répit afin de panser nos blessures et enterrer nos nombreux morts. Dans cette quête d’un futur pour ses sujets, Rurik entraîna une bande de « mercenaires » aventuriers. Et il laissa sa vie, agonisant et pleurant pour son peuple qu’il ne sauvera pas. Les aventuriers continuèrent sans lui. Que faire d’autre à cet instant tragique ‘ Nous ne pouvions rebrousser chemin. Alors autant aller au bout de son aventure personnelle. Le reste est entré dans la Légende. Le reste mais pas l’essentiel. Car pour avancer, encore et toujours, malgré les morts, les revers de fortune, et les hordes de monstres tous plus dangereux que les précédents, il faut de la motivation. Je ne parlerai pas pour mes compagnons, chacun ayant je pense une raison particulière de se sacrifier ainsi. Pour ma part j’ai longuement réfléchi à mes actes. Nombreux sont les moments où j’aurai pu stopper, faire demi tour, lâcher prise et mourir, quelque en soit la manière. Mourir pour ne plus penser, ne plus souffrir. Mourir pour retrouver la paix. Mais je n’avais pas survécu pour m’arrêter aussi stupidement, à cause de la peur ou du stress. Je n’ai aucune raison affective, à part un pacte d’amitié avec mes compagnons, pour avancer dans les pièges de multiples intrigues, juste le plaisir de me deconnecter un court instant le temps d’un combat. C’était mon moyen de m’évader, moins lâche que la mort. Ce moment où le monde devient blanc, où seul l’instinct primaire contrôle les pulsions, où le calme règne en moi. C’était, je crois, mon moteur principal. Une addiction au danger pour se sentir vivre à l’extrême limite de la mort. La sagesse particulière qui est maintenant mienne est consternée par ce moteur. Mais c’est ce qui m’a conduit dans un premier temps à libérer la Tyrie d’une sourde menace puis de jouer un rôle dans le retour d’un passé destructeur sur Cantha.
Elona fut un peu différent. A vrai dire je me suis attachée à ce continent chaud, pourtant à l’opposé de ma nature. J’ai aimé ces paysages, et surtout ces habitants. Et pour la première fois j’ai eu l’impression d’être en avance ou tout du moins à égalité avec les événements, ne pas les subir, ne pas leur courir après dans une cavalcade contre la montre, où celui qui abandonne est laissé crevant sur le bord de la piste. J’ai aimé Elona, mais je n’y suis jamais retournée après la défaite d’Abaddon. Même après la guerre contre les destructeurs, quand une semblant de paix fut enfin établi sur Tyrie. Peut être par peur de ne pas en repartir.

Je me suis retirée du monde. J’ai dit adieu à la civilisation et ma Guilde. Je sais que Shaylan VifArgent la dirige toujours. Peut être a-t-il formé d’aussi glorieux membres que ceux avec qui je combattis jadis.
C’est mon dernier jour, je le sens. Je ne désire plus vivre. Je veux me reposer. Enfin.

Je ne laisse rien derrière moi. Ni grimoire, ni objets. Seul ce mot attestera de mon existence. Et si le temps est aussi froid que je le prédis dans les jours à venir, le parchemin sera craquelé puis réduit en poussière à la première montée en température. Il ne restera alors de moi qu’un nom, bientôt oublié.
par Akai
13 Août 2012, 16:34
 
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Re: Halia Hark : Histoires du passé

Akai Yuki Hime : Suivez le lapin blanc

Le bruit assourdissant du vent s’engouffrant dans les couloirs et interstices pierreux de l’œil du Nord s’était enfin tu il y a quelques heures. La tempête prenait fin, et avec elle ma trop longue oisiveté. Recluse depuis maintenant 4 jours dans cette prison de pierre et de fer, l’enfermement commençait à me rendre paranoïaque. Trop de gens au même endroit. Trop de voyageurs abandonnés au bon vouloir de caprices du ciel. Trop d’incertitudes sur leurs buts, leurs pensées. Et dans chaque regard, chaque sourire, chaque murmure je décelais méfiance et haine à mon égard. Il fallait que je sorte ; laisser mon esprit rependre contact avec la nature et les éléments. Retrouver le contact de ma neige nourricière. Sentir les puissances élémentaires monter en moi, puiser à la sources de toute chose. Sortir, et vite. VITE…
Le vent caresse enfin mon visage. A entendre les grognements derrière moi, Koss et Dunkoro devaient plutôt considérer que ce dernier leur fouettait le visage. Mais je pouvais les comprendre. La chaleur d’Elona m’avait un temps abattue. Le temps les habituera aux rudes conditions des montagnes. Loin devant moi un pâle soleil luttait pour imposer sa douce chaleur à la nature environnante. Il lui faudra sans doutes plusieurs jours d’effort pour réveiller la totalité de la faune et flore. Pour le moment, j’ai l’impression saisissante d’être la seule âme qui vive à cent lieues. Je ne peux contenir le sourire qui se dessine sur mon visage. Rechaussant mes lunettes, pour cacher de main ce signe de vanité intolérable, j’accélère le pas, sans direction précise. La glace craque sous mes pieds, les fêlures naissantes dessinant une mosaïque improbable et chaotique dont le dessin serait interprété par le plus sage des fous comme une parabole de la fragilité de la vie. D’ailleurs derrière moi Koss échappe de peu à la dérobade d’une plaque gelée sous le poids de ses arguments guerriers. Mon pas s’accélère encore une fois arrivée sur le sol neigeux. Devant moi, le blanc irréel et scintillant s’étend à perte de vue. Je marche sans être dérangée par la moindre pensée. Je, ou plutôt nous mes compagnons et moi, sommes seuls.

Le vieil ermite que nous cherchons se trouve au bord du Lac Drakkar. La route est certes longue, mais pour une fois nous avons le bonheur de ne pas voir nos déplacements ralentis par des hordes ennemis. Soit ces derniers dorment encore, soit ils se préparent à repartir en chasse. Mais dans tous les cas, ils ne sont pas devant nous. Tant mieux. Quelques heures de dur effort plus tard l’immensité virginale laisse place à un scintillement aveuglant. Nous sommes enfin arrivés au Lac. Une immensité encore glacée par endroit, s’étendant à perte de vue vers le Nord. Et toujours personne. Je sens que ce silence commence à peser sur les nerfs de mes compagnons de voyage. Aidan a les mains crispées sur son arc, le regard furetant continuellement à l’affût du moindre signe d’hostilité, du plus petit piège. Koss a sorti son épée, tandis que Gwen fait tout son possible pour rester au centre du groupe, bien protégée. Leur instinct ne les a jamais trompé, et je leur fais confiance. Quelque chose que je ne sens pas encore doit flotter dans l’air, une menace sourde. Je recule de quelques pas, vers Koss. Le ciel se couvre de gris, la température baisse sensiblement. Et Aidan décoche enfin sa première flèche. Le sifflement caractéristique de la flèche dans l’air nous sort de notre torpeur attentiste. Nous tournons tous la tête vers la cible. Aidan éclate de rire, et nous le rejoignons dans son déchaînement nerveux en apercevant un petit lapin blanc, figé de peur, qui nous regarde de ses grands yeux rond, une flèche plantée à 2 cm de lui. « Je crois que tu as trouvé l’éclaireur de l’armée des lapins, Aidan. La victoire est bientôt notre » lance Koss, hilare. Et le lapin repart. Nous le suivons, sans raison. Certains y voyaient peut être un gibier pour le repas de ce midi. Moi j’avais lu dans les yeux du lapin un appel au secours. Le genre de sentiment à ne pas répéter trop fort en société. Mais dehors tout est différent et même les lapins demandent de l’aide. Nous suivons donc le lapin, même quand celui-ci s’enfonce dans un terrier à taille humaine. L’air ambiant est plus chaud, et au fond du trou, après une descente le long d’un chemin escarpé et circulaire, une colonie de lapin batifole dans un Eden verdoyant préservé des intempéries extérieures. « Aidan, la voilà ton armée de lapin. Aux aaaaaaaaaaaarmes ». Le rire sarcastique de Koss résonna dans toute la caverne, et ses paroles furent prophétiques. Les lapins disparurent en un éclair, laissant place à des apparitions de formes noires brumeuses. Des Vaetirs. L’effet de surprise est pour eux, nous accusons lourdement une première charge, violente. Gwen est projetée au sol, tandis que Devona est assaillie de toute part, malgré les moulinets désespérés qu’elle fait avec son marteau. Mais nous nous ressaisissons, vaillamment. Nos sorts déchaînent un enfer de feu et de glace, alors que Koss charge, en hurlant, le centre de la grotte. Son épée se met à luire, tout comme son armure. Sans me retourner je sais que derrière moi le mercenaire ritualiste a renforcé Koss de plusieurs sorts. Aidan, de son coté fait pleuvoir les flèches, et Gwen se relève enfin, furieuse, tout en pointant du doigt ce qui semble être un caster ennemi. Ce dernier tombe à la renverse, perdant le fil de son incantation. Mais dans son dos, une nouvelle vague de brumeux commence sa charge offensive. Du coin de l’œil j’aperçois Cynn qui se prépare à une nouvelle incantation, ainsi que le ritualiste qui dresse une barrière d’esprits défensifs devant Dunkoro, dont toute l’énergie va, je le sais, en direction de Koss. Il faut stopper l’avancée du nouveau groupe où nous serons submergés, hurle Aidan. D’un geste rapide je m’élève donc quelques instants dans les airs. Le froid de l’extérieur semble être comme aspiré vers moi dans un tourbillon illuminé de milliers d’étoiles glacées. Je tends alors le bras, et leurs jambes s’emprisonnent dans un afflux de glace. Les voilà arrêtés. En bonus, je décide de leur assener un maelstrom, cela évitera aux casters de nous déranger quelques secondes. Puis tout devint rouge. Prisonniers de la glace, aucun des ennemis ne peux alors échapper à la tempête de feu qui se déchaîne sur leur position. Nous reprenons le dessus, et cela nous encourage vivement. Koss tranche rapidement des ennemis déjà affaiblis par les tirs d’Aidan ou les sorts incapacitants de Gwen. Et Devona finit d’écraser ceux qui par miracle bougent encore. Quelques dizaines de secondes plus tard, et nous sommes vainqueurs. Seuls les derniers cris d’agonie des Vaetirs résonnent encore, en s’estompant, dans la grotte. Puis le silence. Et les rires. Nous évacuons, sans pouvoir nous contrôler, le stress des dernières minutes.

En remontant, le froid nous assaille de nouveau. Au loin une cheminée fumante témoigne d’une trace de vie. Peut être s’agit il de la maison de l’ermite que nous recherchons. Nous reprenons donc notre chemin, et quelques kilomètres plus loin le manteau neigeux cède sa place à un chemin de pierres jaunes. Un sentier serpente, lui, sur notre gauche. Le lapin qui y attend, le regard dans notre direction, nous décide à emprunter la voie pavée. Saloperies de lapin.
par Akai
13 Août 2012, 16:35
 
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Re: Halia Hark : Histoires du passé

Yun Sun Hark : Panacée

La chaleur du bouillon me fit oublier quelques secondes les difficultés des derniers jours. Puis avec comme guide les fines baguettes, dont le vernis était usé par des années de servitude, je fis remonter, bruyamment cela va sans dire, les longues nouilles du bol à ma bouche. Enfant je m’amusais de les voir ainsi remonter en gigotant comme un animal apeuré. Aujourd’hui cela ne fait plus rire, je suis l’animal apeuré et je comprends mes nouilles. Se sentir aspiré dans un gouffre inconnu, sans pouvoir faire quoique ce soit est une expérience traumatisante. Le bref soin psychologique apporté par le maigre repas était terminé. Des images me revenaient en mémoire. Des gens, que je connaissais pour certains, transformés en tas de chair purulent, déformation grotesque de celui qui fut humain. Les cris de douleur de ceux qui se sont transformés devant moi hantent mes nuits. Tout comme les gestes que je me suis résolue à faire, sans sourciller, à chaque rencontre avec ces « choses ». N’hésites pas une seconde, m’a dit Maître Togo. Tu ne les tueras pas, tu les libéreras. Alors je les libère de la douleur, et de leur malédiction, à ma manière bien sur. Mais cela ne me suffit pas, je n’y trouve aucune satisfaction. Mes actions, et celles de mes condisciples, ne stoppent pas la contagion, elles la régulent, et si peu encore. C’est pourquoi j’ai proposé mes services à la recherche d’un remède, et que me voici à Kaineng.

Je repose le bol, vide. Les mets raffinés et la cuisine zen végétarienne de Shing Jea me manquent, mais je ne suis pas là pour flâner. Je pose une pièce sur le comptoir, bien plus que ce que me demandais le marchand pour le plat. Savez vous où je peux trouver un vendeur du remède au mal qui ronge la Cité ? Je lis de l’inquiétude dans les yeux du marchand. Une peur sourde dont je ne sais si elle vient de l’évocation du fléau ou bien du vendeur en lui-même. Regardant à sa droite pour être sur que d’autres clients ne nous avaient point entendu, il m’indique le chemin des quais.
La route qui y mène est courte, mais reposante. Les quais sont le seuls endroits de Kaineng où la vue peut se poser sur un horizon infini et libéré d’entrelas de cordes et bois. Malheureusement la fraîcheur du vent côtier n’atténue en rien les odeurs pesantes et envahissantes qui émanent de tout Kaineng. Passant maints navires à ma droite et entrepôts à ma gauche, je débouche alors sur une place singulière, où se joue une pièce de théâtre de marionnettes. Aux premières notes du shamisen, je reconnais de suite Musume Dojoji, la jeune fille du Temple Dojo. Les marionnettes se mettent à bouger, et la voix grave et longue du narrateur entonne les premiers haïkus du récit. La carriole des artistes porte le nom de Ichikawa Kon. Maître Togo nous a souvent parlé de cet artiste itinérant, qui se refuse à employer son art pour divertir les riches et préfère vivre dans la semi misère et amuser ceux qui n’ont pas souvent l’occasion de s’évader par la pensée. Pour occuper mon esprit, je récite en même temps que le narrateur. Combien de fois ais-je lu ou assisté à la représentation de cette pièce à Shing Jea ? Et au moment où le tambour fait trembler une première fois les fondations fragiles du petit théâtre, mes yeux se posent sur un étal rempli de fioles. Arborant les atours habituels de la Guilde des Médecins, le marchand est en pleine discussion avec quelques gardes Impériaux. Petit, joufflu, les yeux perdus dans des orbites renfoncés, il encaisse alors quelques pièces d’or et tend une fiole au contenu jaune. Je suis son client suivant. Et tout dans son attitude trahit son impatience de me vendre le fameux remède. Son discours, bien rodé, parle de peur, de menace, de colère divine ; et termine dans une apothéose grandiloquente sur la nécessité absolue de se préserver, donc acheter et boire son remède, vendu pour la somme de 100 PO. Un modique montant au regard du prix de la vie. Je suis de toutes façons venue ici pour ce remède. Je paie, je prends la marchandise, et je retourne au Palais de l’Empereur. Quand je quitte la place, le gong marque la fin du premier acte de Musume Dojoji.
????

Il a fallu l’apport de mes longues années de méditation pour que je n’explose pas de colère lorsque je lu le rapport du conseiller de l’Empereur. Le remède est un faux, un leurre provocant l’addiction. Il faut être le dernier des moins que rien pour oser faire du profit sur le malheur, la peur et la crédulité des gens. La potion ne guérit pas. Pire, elle rend malade. Je sens le mana monter en moi. Le bout de mes doigts crépite de petits éclairs bleutés. Le ministre comprend de suite ce que disent mes yeux. Allez y, tuez les. Débarrassez nous de ces vils cloportes. Il me tend un sac de pièces d’or, pour les mercenaires que vous jugerez utiles, dit-il. Je quitte le Palais en courant, direction les quais, prenant juste le temps de souffler lorsque j’engage quelques mercenaires, ravis d’aller en découdre après avoir entendu mon histoire. Je ne sens plus le vent marin, ni les égouts de Kaineng. J’ai la bouche sèche, et le regard fixé sur le bout des quais. Les marionnettistes ne sont plus là. A leur place claquent au vent des linges étendus sur une corde marine. Le ciel gris est annonciateur d’orage. Celui du déchaînement de ma colère. A mes cotés, les mercenaires sortent leurs armes, ou débutent des incantations. Comme moi, ils sentent que quelque chose va arriver. L’endroit est trop calme, trop vide. Le marchand me reconnu tout de suite, et il comprit à mon attitude et à la présence des mercenaires que j’avais découvert la supercherie. D’un geste étonnement souple pour quelqu’un de sa corpulence, il bondit en arrière pour se coller à un mur. Son sourire de bonnimenteur se changea en celui de carnassier.

Acculé comme un lapin, il était à ma merci. En appelant à la puissance des esprits, je ne vis pas arriver, des toits voisins, les nombreux assassins des Am Fham. A peine matérialisé devant moi, mon esprit reçu de plein fouet des dagues de lancer qui m’étaient destinées. J’allais maintenant pouvoir évacuer mon trop plein de colère. Les derniers assassins à arriver tombèrent dans un sol de feu, création de la mercenaire élementaliste, et furent punis par le ciel en une suite d’éclairs divins puis d’une explosion de mana. Cela faisait longtemps que je n’avais pas goûté aussi fièrement à la puissance de la magie de la canalisation. Devant moi le guerrier mercenaire tranchait maintes artères et jambes, et je continuai de l’appuyer par des sorts d’altération d’armes. Les flèches pleuvaient, les sorts fusaient, tant et si bien que les assassins Am Fham reculaient devant notre puissance destructrice. Pris aux piège par leur soit disante proie, ils furent détruits. Le sang de nos adversaires se répandait en marres poisseuses sur le sol dallé de la place. Des morceaux de corps coulaient le long des murs. Tout ce gâchis d’âmes par la volonté d’un à vendre des drogues. Nos pas laissaient des empreintes rouges quand nous nous sommes approchés du marchand. Il pleurait pour sa vie. Sa gorge fut tranchée et je pris plaisir à le regarder perdre la vie dans des pitoyables essais à respirer. Son regard, pourtant, ne trahit jamais aucun repentir ou honte. Qu’il crève comme un naga galeux !

Et alors que le guerrier nettoyait son arme sur les draps qui séchaient à coté de nous, un enfant vint me voir. Madame, il y a un autre marchand là bas !
par Akai
13 Août 2012, 16:36
 
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Re: Halia Hark : Histoires du passé

Yun Sun Hark : Kubima

Son pelage soyeux se pliait sans contraintes aux mouvements de mes mains, et le ronronnement qui faisait trembler en continu sa cage thoracique m’indiquait qu’il aimait être là, à ma merci, étendu de tout son long et de toute sa masse sur les dalles usées mais chaudes de l’auberge. Les yeux fermés, la tête légèrement repoussée vers l’échine dans une démonstration impudique et animale de plaisir, Kubima était sans conteste l’attraction de la salle. Mais une attraction de celles qu’on aime regarder de loin, et qui déjà procurent leur dose de peur. La plupart des clients avaient donc les yeux rivés sur mon Kubima, anticipant mentalement un accès virtuel de violence de sa part. Mais Kubima avait déjà bien mangé dans les heures précédentes, avec des dizaines de corps encore chauds et juteux de sang.
« Une fois qu’il aura goûté au sang………………. » Daizo Sensei me le répétait sans cesse depuis que j’avais trouvé ce petit bout de chiot affamé et pouilleux sur les berges de Shing Jea il y a de cela 10 ans et qu’il avait cru déceler en lui une pointe de folie carnassière. Il faut dire que Kubima lui avait immédiatement sauté à la gorge, tentant vainement de lui arracher un bout de chair pour se sustenter.

Ma main repassait sur son ventre quand j’entendis le serveur poser mon plat sur la table de bois. Apres une dernière caresse je me relevais doucement, laissant Kubima a ses doux rêves, puis m’asseyais sur le banc poisseux jouxtant ma table. Dans les rainures du bois quelques vers se disputaient le reste de nouille d’un repas précédent. La soupe était trop salée, trop grasse et pourtant sa chaleur me fit reprendre vie. Etirant les bras vers l’arrière, je sentis mes muscles crier, puis un liquide poisseux me couler le long du dos. Une de mes récentes blessures, à peine cicatrisée par la croûte, avait du céder. Qu’importe. Mon intégrité physique n’est pas le centre des mes préoccupations actuelles.
Je finis maintenant le bouillon du bol, et m’essuie la bouche d’un revers de mon avant bras droit. A coté de moi Kubima dort du sommeil du juste ; alors même qu’un enfant téméraire s’amuse à lui gratter le dos. La chaleur de l’auberge est rassurante. Dehors le vent déchaîne sa violence et des vagues gigantesques balaient les quais, emportant les frêles structures en bois qui servaient d’appontements. Cela faisait longtemps, aux dires d’un habitué des lieux qui maintenant dormait dans son vomi, que la ville n’avait subi pareilles colères des kami.
« Clair que les dieux nous punissent » hurle un vieil homme au dos courbé, comme s’il avait lu dans mes pensées. « Aujourd’hui la tempête, hier l’épidémie, et demain….. La chute de l’empereur, peut être »
Des clameurs de desaprobation fusent dans la salle. Il est des choses dont on ne parle pas en mal, et jamais l’Empereur, incarnation des puissances divines, ne peut être remis à cause de cette façon, hurle une femme à la peau blanchâtre. L’anesthésie qui frappait la salle voilà quelques minutes laisse maintenant la place à une montée crescendo de chuchotements, ouvertement audibles. Puis le raclement d’une chaise contre le sol.
- Comment une kurzik ose t’elle donner des leçons de morale alors qu’elle et son peuple ont choisis de vivre cachés dans leur foret minérale, maudits à jamais !!!! l’homme qui vient de se lever est grand et fin, son visage buriné par des années de labeur en extérieur est déformé par la colère. Et sa main droite repose sur le pommeau d’une épée. « Ne te mêle pas des affaires de l’empire, femme ».

Ce fut le mot de trop. La femme tend le bras et un éclair bleuté déchire l’air et file vers l’homme à l’épée qui, sous le choc, s’écrase contre le mur de l’auberge. La femme se lève, et s’élève un bref instant dans les airs, les bras tendus en croix et les yeux révulsés. Je sens le mana se diriger vers elle. Kubima, ouvre les yeux, alerté par un sixième sens. Le temps semble s’être arrêté dans la salle. Les clients sont effrayés, sans savoir ce qui va se passer, réellement. Moi je le sais. Je tends le bras, tout en me levant. Mon esprit heurte celui de l’élémentaliste kurzick. Et le repousse. Stoppée en pleine incantation, la femme tombe à la renverse, emportant avec elle la table de derrière et les bols de nourriture qui s’y trouvaient. Je hurle :
- C’est d’entraide que nous avons besoin dans ces temps troublés où chaque jour voit son lot de mauvaises nouvelles ou prédications. Par tous les kami, quand allez vous cesser de vous confronter pour des futilités. Des gens se transforment en monstres purulents dans de terribles souffrances. Des assassins rodent dans les rues, pour égorger femmes et enfants. Et vous, vous continuez à ressasser de vieilles histoires ! Ouvrez les yeux…………….
Ma colère montait au fil des mes mots. Je tremblais presque de peur devant mon propre comportement et l’envie de sang qui s’empare de mon inconscient quand je cède à mes pulsions de rage.
Je récite donc « Aum sahanaavavatu / Sahanau bhunaktu / Saha viiryan karavaavahai / Tejasvi naavadhiitamastu / Maa vidvishhaavahai ». Comme Maître Togo nous l’avait enseigné à Shing Jea, les pulsions se voient expulsées par certains mantra. Et je m’applique à ne plus penser qu’a cela. « Aum sahanaavavatu / Sahanau bhunaktu / Saha viiryan karavaavahai / Tejasvi naavadhi…… »

La fenêtre donnant sur la rue vole en éclat sous une pluie de flèches. Touché en pleine gorge, un homme s’écroule. Ses jambes bougent encore sous le coup des spasmes quand un affligé armé de dagues atterrit sur son corps, lui écrasant la cage thoracique et abrégeant ses souffrances. Son odeur pestilentielle emplit la pièce. Le feu s’éteint sous le coup d’une violente rafale de vent qui continue de tourbillonner au centre de la salle. Derrière l’assassin se dessinent une multitude de silhouettes difformes et grotesques de ceux qui furent, voilà un temps, humains. Les cris des clients de l’auberge sont couverts par les grognements bestiaux des affligés qui, comme une meute, déferlent d’un coup sur nous.
Désordonnés dans leur fuite, les clients s’agitent chaotiquement, cherchant à se protéger. Déjà une dizaine d’entre eux sont tombés, morts dans plus ou moins de souffrances. Kubima quant à lui a bondi, toutes griffes dehors. Sa patte droite plantée dans le crâne d’un assassin, il tente maintenant de lui fracasser les os du crâne dans l’étau de sa mâchoire. A ma gauche, le guerrier à l’épée enchaîne parade et coup de taille sur une cible armée d’un cimeterre et d’un bouclier. Jetant un œil sur la kurzik je la vois se télétransporter 20m plus loin contre ce qui semble être un guérisseur. Un instant plus tard, ce dernier est frappé de milles éclairs, et tombe à la renverse. C’est le moment que je choisis pour lui faire goûter à une explosion de mana. Il n’a pas le temps de relever, et son corps sans vie s’écroule mollement.

A peine ai-je eu le temps de contempler le résultat de mon attaque qu’un sixième sens me dicte de quitter ma place. Je me jette donc de coté, juste au moment où une pluie de feu s’abat sur ma position initiale. Encore couchée au sol, je soutiens le guerrier en enchantant son arme. Son coup suivant déchire le bouclier de son opposant et tranche le bras avant de s’enfoncer dans le torse. Le sang gicle à flot, et des flaques poisseuses qui recouvrent maintenant le sol dallé de l’auberge des formes mort vivantes se détachent. Des cadavres des affligés et des clients naissent des golems de chair qui attaquent sans tarder. Notre problème de déficit numérique semble être maintenant réglé, et tout en me relevant dans une pirouette apprise lors des entraînement aux arts martiaux, je cherche du regard le nécromant responsable de se revirement de situation. Accroupi derrière une table renversée en guise de barricade, le vieil homme me fait signe de le rejoindre. Autour de lui brille un cercle verdâtre. « Vous ne manquerez plus de mana. Déchaînez vous ». Je souris. Mes yeux se révulsent et je tend mon esprit, affûtant mes sens. J’entends distinctement Kubima rugir d’un plaisir carnivore et son plaisir de mort s’empare de moi. Et comme me l’a demandé le vieux nécromant, je me déchaîne. Pleinement. Et fièrement. Deux esprits enchaînes apparaissent à mes cotés. Leurs cris d’outre tombe résonnent dans la pièce. Et tandis que quelques ennemis semblent impressionnés par cette soudaine apparition spectrale, je les pourfends tout en soutenant les efforts du guerrier. Mon énergie fuse à grande vitesse et les blessures qui m’étaient destinées sont absorbées par un des esprits. Le second soigne l’élémentaliste kurzik, qui continue de frapper sauvagement, saut après saut. Leurs forces réduites à néant, les derniers affligés survivants tentent quand même une dernière manœuvre. Aveuglés de colère, ceux qui ne sont plus humains, chargent une dernière fois. Et arrivés au contact du guerrier, certains font exploser autour d’eux une fournaise de lave en fusion. Des flammes lèchent les murs et les meubles en bois de l’auberge, et un instant plus tard nous nous retrouvons sous un ciel de feu. Les quelques derniers clients survivants hurlent de terreur et se précipitent vers la sortie, ignorant le guerrier affligé qui fendait l’air de son épée dans un moulinet sauvage. Ni le guerrier, ni l’élémentaliste, ni même moi n’eurent le temps de réagir avant que ces pauvres âmes se fassent découper en maints morceaux dont certains allèrent rôtir brièvement au plafond avant de retomber, en quasi cendres, dans la marre de sang qui recouvrait désormais le sol. Puis le guerrier affligé tomba, plaqué au sol par un Kubima, blessé, qui lui lacerait le dos à coup de griffes. Soulagé par ce retour de mon ami, je pu me concentrer sur la menace la plus directe de l’instant, l’élémentaliste affligé. Mes éclairs lui déchirèrent le corps en même temps que ceux de la kurzik, tandis que le guerrier à l’épée transperçait le second élémentaliste ennemi. Il retira son épée, déversant les entrailles putréfiées de sa victime. Notre dernier adversaire tombait, mort, au moment où mes esprits disparaissaient à nouveau dans les limbes qu’ils n’auraient jamais du quitter.

Nous avons juste le temps de nous précipiter dehors que l’auberge s’écroule sur elle-même, entraînant avec elle les étages supérieurs où vivent des familles, qui se verront dans un instant brûlées vives dans les flammes infernales. Leurs cris de douleur résonnent entre les façades des ruelles de Kaineng. Et le vent pousse plus loin les flammes que la pluie fine n’arrive à éteindre. Au loin, la cloche des soldats du feu se fait entendre. J’essuie une larme, avant d’aller réchauffer mon âme en serrant, fort, Kubima contre moi.
par Akai
13 Août 2012, 16:38
 
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Re: Sondage sur le serveur

Liste officielle des serveurs à la sortie du jeu

des fr, y'en a 4
par Akai
15 Août 2012, 08:36
 
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Re: Jojo

Coucou mon Jojo
on se connait je crois ? ton pseudo me dit qqchose.....
par Akai
17 Août 2012, 17:04
 
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Re: Alliance

je valide Agnhar
par Akai
20 Août 2012, 09:06
 
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Re: vous en pensez quoi

la BA me fait un effet repoussoir. Les chevaliers avec des armures de dreadnought, un regard mystérieux et une mèche folle, en général ça me donne envie de sauter par la fenetre
par Akai
20 Août 2012, 17:46
 
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Re: Sortie "Photo de groupe, Maternelle des blonds 1ere sema

Je ne suis pas dispo jeudi soir
mais l'idée est bonne.

Je propose qu'on fasse tous un jumping puzzle et que la photo se fasse au coffre
par Akai
27 Août 2012, 17:38
 
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Ze Forge Mystique

Gadget amusant de GW2, la Forge Mystique pourrait se révéler vachement plus intéressante que ce simple coté apps / bonus qui détend et permet de tenter sa chance.

Déjà c'est où ? A l'arche du Lion, en plein centre. C'est une sorte de grosse fontaine de mana.
Il y en a une autre dans la zone pvp

A quoi ça sert : donner 4 objets complémentaires au djinn Zommoros qui gère la forge. Et ce dernier vous en rend un en échange.

Ouais mais sinon, à quoi ça sert ? bah à avoir un objet aléatoire contre 4 de ton inventaire

Ca pue un peu l'arnaque ton affaire, non ? effectivement, si on prend ça on premier degré, on pourrait avoir l'impression que le djinn il nous la met profond. Mais en fait pas tant que ça. Je reprends.
On donne 4 objets. Ces derniers doivent être de même type et de même qualité (enfin je crois). Et Zommoros nous en renvoie un de niveau égal ou supérieur au plus petit niveau de vos 4 objets et de rareté égale ou supérieure à l'objet le plus rare. On peut aussi tenter de le corrompre via des objets vendu par son agent de force de vente qui se trouve à coté, ou acheter à cette dernière des recettes précises (ceci dit pour les recettes, mieux vaut avoir un haut niveau, voire max, de craft, et pour les objets avoir un paquet de points de skills vu que c'est la monnaie qui sert ici). Parce que bon l'idée de base c'est d'obtenir de ce bon Zommoros un super objet légendaire kikoodur. Et pour ça faut bien viser, car à recette égale, l'objet n'est pas le même à chaque fois, même si niveau puissance ça devrait l'être.
Et ce qui est formidable c'est que ça fonctionne pour les objets, mais on peut aussi décider d'upgrader son matos de craft, ou la rareté de ses teintures.

OK, j'vois le truc, mais va falloir en faire des recettes de merde pour trouver de quoi crafter un super objet ? certes, certes. Certains érudits disent que des indices sur les recettes secrètes sont disséminés un peu partout sur les maps. ! On n'a donc fini de se brancher en mode touriste !


Si vous avez des recettes sympa, n'hésitez pas à venir les poster ici
par Akai
03 Sep 2012, 17:07
 
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Romance loupée

Le soleil disparaissait à l'horizon, enflammant de mille couleurs le ciel de l'Arche du Lion. La chaleur de la journée, harassante comme toujours en cette saison, laissait maintenant place à des températures plus clémentes, et une doux vent frais. C'était l'heure où les gens sortaient pour faire emplettes, discussions, buvette et ripaille. L'heure de tous les possibles.

Halia aimait cette heure particulière de la journée, et se rendait dans le quartier commerçant pour y retrouver de vieux amis, quand son regard croisa celui d'un inconnu à la magnifique prestance. Comme dans les contes romantique, leur regard se croisa, et quelque chose se passa. Quelque chose d'indescriptible. Quelque chose de fort. Ils restèrent là, coi, sans dire mots pendant de longues secondes.

haliajo01.jpg


L'inconnu s'appelait Jo Sifert. Il était à l'Arche pour d'urgentes affaires en liens avec de sombres évènements qui secouaient la région Norn. Son temps était précieux, et il rapporta à Halia être ici pour chercher et trouver un vieil artefact oublié dont l’utilisation pourrait à coup sur sauver des milliers de vies. D'apres le parchemin qu'il avait arraché à un Champion ennemi dans une lutte homérique, l'objet se trouverait enfoui dans un endroit nommé l'Impasse du Troll, et donc l'entrée se trouve dans le centre de l'Arche du Lion. Halia ne put s’empêcher de tomber sous le charme de l’héroïsme altruiste de ce preux héros et le guida aux archives de la ville, dont elle connaissait l'Erudit en chef; un vieil ami de la famille, qui devait son poste à Mr Hark, le père du père d'Halia. Là bas, ils passèrent des heures à fouiller les parchemins les plus anciens et improbables. Et alors que la fatigue, l'énervement, et la lassitude gagnaient du terrain, Halia trouva le journal d'un architecte qui officia à la reconstruction de l'Arche voilà des dizaines d'années. Il parlait d'une mine courant sous le sol de la place mystique, à moitié inondée, mais dans laquelle on pouvait entendre les gémissements d'une créature. Jo Sifert et Halia se rendirent alors à la place et trouvèrent rapidement un puits abandonné dont l'entrée se cachait aux yeux de la population, depuis l'intérieur creux d'une arche cassée. Les deux vaillants aventuriers y plongèrent.

Apres quelques brasses dans une eau gelée et croupie, Halia et Jo débouchèrent dans une grotte à l'air vicié. Le cri d'un troll déchira le calme ambiant, et des centaines de chauves souris s'envolèrent en pagaille. L'endroit n'aillant aucune sortie à part celle d'où ils venaient, ils entreprirent d'escalader les parois rocheuses, s’agrippant à la force des mains à la moindre saillie. Les efforts déployés furent immenses, et ils ne tinrent bon que grace à leur volonté; ne pensant qu'aux vies qu'ils pourraient sauver aux prix de leurs efforts.

Halia, plus fine et athlétique, réussit à atteindre la première une sortie cachée dans les hauteurs de la grotte. Il faisait jour. Elle sourit en regardant le soleil et un vol d'hirondelles, quand le troll l'attaqua par derrière. Le coup fut puissant, et fracassa une partie de la roche du sol. Halia se releva et commença à incanter. Mais Jo, qui venait de sortir de la grotte, lui intima l'ordre de courir vers le coffre qui se trouvait non loin, pendant qu'il retiendrait l'affreux monstre. Halia le regarda, incrédule. Mais Jo lui hurla que sa vie ne comptait que peu au regard de l'importance capitale de l'artefact. Il attaqua. Halia, les larmes aux yeux, tourna les talons et couru à perdre haleine vers le coffre. Cinq petits sauts de rochers en rochers, elle y arriva. Derrière les bruits du combat faisait rage.

...............
par Akai
09 Sep 2012, 02:09
 
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Re: Romance loupée

Dans une explosion suivi d'un râle, le troll rendit l'âme. Jo fit un signe de la main à Halia qui l'attendait, anxieuse, à coté du coffre.

Cinq petits sauts les séparaient. La victoire était acquise et l'artefact allait pouvoir servir à sauver des populations entières. Peut être même que les légendes retiendraient ces actes et que la geste de Jo Sifert résonnerait pour l'éternité.

Cinq petits sauts, pour mettre fin à des heures d'effort.

Cinq petits sauts




haliajo02.jpg
















......... ah non, EPIC FAIL MON JOJO !!!!!!!


la morale de cette histoire : saut loupé, le jumping a se recoltiner !
par Akai
09 Sep 2012, 02:20
 
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Re: Bon anniversaire Inyae et Ivy

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Et tout aussi bon anniversaire à Ivy
par Akai
16 Oct 2012, 19:18
 
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Re: Jumping puzzle : comment atteindre l'énigme

Ascension de la faille de la tribulation :

Falaises de hantedraguerre, sud-ouest. Le long de la ligne de défense draguerre, repérez une tour avec un bête escalier, voilà.
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gw021.jpg

Prévoir un boss à la fin. Have fun :byebye0:



LES TRIBULATIONS CAVERNEUSES

J'étais incidemment en train de faire cette Ascension de la faille de la tribulation, quand soudain une fois le boss vaincu de ma hargne et force enragée (et d'un peu de coups d'épée dans sa face quand même), je percois une petite ouverture dans la paroi de glace juste derriere le dit boss.
Ouverture menant à une joli caverne glacée, avec un jumping puzzle à faire !!!

Et un plutot facile en plus. En gros, une fois dans la grotte, vous prenez à droite pour pouvoir sauter sur les hauts pics. Puis vous suivez le chemin qui est plutot bien balisé.
Deux trucs chiants : quelques mobs, mais surtout des balistes à zone d'effet qui piquent un peu quand on se les prend. Mais rien d'irrémédiable.

gw003.jpg


gw001.jpg


Tout en haut, un coffre, puis une descente vers La Mine de Dissun
par Akai
04 Nov 2012, 15:11
 
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Re: Jumping puzzle : comment atteindre l'énigme

La carrière du cochon de fer

Avant tout, permettez moi de vous dire que le nom de ce jp, il claque !
Pour être cependant plus pragmatique, voici donc un début d'explication sur ce jp :

Zone : Montée de flambecoeur
Où : et bien un screenshot c'est mieux que mille mots

gw005.jpg

Comme je viens de recup un nouveau pc et que mon soft ne sont pas finis d'installer, je n'ai pas de quoi dessiner de zolies fleches pour marquer le départ (enfin si, j'ai paint, mais comment dire.....).
Donc pour le début du pj, c'est dans le coin nord ouest, là où les pointillés sortent de l'eau pour rejoindre le rivage. Disons plutot un escalier. Qui monte, qui monte. Tout en haut, y'a un gus entouré d'un champ de force. Il n'a rien à voir là dedans, mais comme y'a un coffre, si quelqu'un sait comment faire, je prends. Merci. Donc je disais, le gus vous lui tournez le dos, vous longer la falaise jusqu'à atteindre la partie marrante du jp, c'est à dire des plateformes suspendues au dessus de l'eau et menant à une autre ile. C'est vraiment pas dur à faire. Une fois de l'autre coté, vous foncez sur le vétéran, vous lui marravez le crane et à vous le coffre.

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par Akai
04 Nov 2012, 23:30
 
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Re: [PROPOSTION] sorties plannifiées

les blonds


+

mieux organiser nos sorties


mais c'est incompatible ça !
BLOND WAY !
par Akai
27 Mai 2013, 16:16
 
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Vous n’êtes pas autorisé(e) à consulter ce forum.
par Akai
12 Avr 2014, 17:16
 
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Puzzle jump - les blonds aiment sauter et s'envoyer en l'air

Bon, vu qu'on a quelques sauteurs fous avec des mesmers, on pourrait tenter d'aider certains blonds à obtenir ceux qu'ils n'ont pas.

Voilà la liste des jump

Champs de Ruine
Mine stigmatisée

Les steppes de la Strie flamboyante
Falaise de Behem
La Folie de Delirius

Marais de fer
Grotte du cristal du chaos

Montée de Flambecœur
La Carrière du cochon de fer

Plaines d'Ashford
Etendue de Fablegriffe

Plateau de Diessa
Brèche du mur
Plateau pourpre
Saut de Grendich

Congères d'Antreneige
Refuge du roi Jalis

Contreforts du Voyageur
Perchoir des chamanes

Détroit des gorges glacées
Ruines de la Banquise brisée

Falaises de Hantedraguerre
Ascension de la Faille de la tribulation
Tribulations caverneuses

Passage de Lornar
Piste de Griffonroc

Chutes de la Canopée
Gorge du Dorloteur
Zuhl au monde

Marais de Lumillule
Hexfonderie passée

Mont Maelström
Enigme au carré
Jardin caché

Forêt de Caledon
Bond de Morgan
Grottes du spéléologue
Laboratoire de Spekks
Rêverie cauchemardesque

Province de Metrica
Laboratoire de Goemm

Arche du Lion
Impasse du Troll
La revanche de Weyandt
Le secret d'Urmaug

Champs de Gendarran
La Crique du bretteur
Pas si secret

Collines de Kesse
Observatoire effondré

Côte de la marée sanglante
Labo du professeur Portmatt

Hinterlands Harathis
Le butin de Fawcett
La vengeance de Fawcett

La Vallée de la reine
Fosses de l'engeance (énigme)

Crique de Sud-Soleil
La nouvelle direction
Ricochets

Détroit de la Dévastation
La Tour du Vizir

Saut de Malchor
Antre de Suspension
Gouffre du charognard

Rivage maudit
Archives ensevelies


+ les 4 du mcm (3 fronta > solotables & le sanctuaire d'obsi > à faire en guilde)





Je dois confesser que mon mesmer, pour des raisons pratiques (les doublons d'argent), n'est que niv 28 et que pour plein de jump, je vais être emmerdé pour faire de tp (vu que je me fais one shot au moindre mob). Par contre je peux faire de l'accompagnement didactique et ludique avec mon main pour ceux qui seraient assez courageux pour faire les jump de façon héroïque, c'est à dire sans tp mesmer. (à mon CV l'accompagnement et la réussite de tous ces jump aux membres des Hell)

Et je suis sur que certains blonds ont des mesmer en permanence sur certains jump (Hub sur celui des etherlames par ex)



Donc si les blonds que vous êtes vouliez bien lister dans une réponse les jump qu'il vous manque, on pourra faire en sorte de vous aider.
De même si vous avez envie d'en faire à la mano, vous me mp n'importe quand si je suis en jeu et j'essaie de me libérer rapidement pour aller gentiment sauter de rocher en rocher comme un bouquetin !
par Akai
02 Juin 2014, 22:20
 
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Re: Rendez-vous à l’orée de Maguuma le 1 juillet !

Ça sent la nouvelle zone !
(ou pas)
(mais ça serait bien)
(avec plein de nouveaux jumping puzzles archi compliqués)
(et des panoramas)
(et des sacs de tissus qui trainent par terre)
(ainsi qu'un slot de personnage supplémentaire gratuit)
(et la baisse du prix des précus par décret royal de la Reine Jennah)
(et moins de parenthèses)
par Akai
26 Juin 2014, 09:56
 
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